Comment un pays peut-il concilier engagement humanitaire et défense de son intégrité territoriale ? À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le Tchad a apporté sa réponse, non sans fermeté. Représenté par le Dr Abdelmadjid Abdelrahim Mahamat, ministre de la Santé publique et de la Prévention, qui s’exprimait au nom du président Mahamat Idriss Déby Itno, N’Djamena a exposé ses priorités et ses lignes rouges.
Un engagement humanitaire et sécuritaire réaffirmé
Le Tchad a d’abord tenu à rappeler son rôle central pour la stabilité régionale. Le message officiel a mis en avant les efforts diplomatiques et humanitaires du pays, tout en insistant sur la fragilité persistante du bassin du lac Tchad. Face à cette situation, N’Djamena a appelé les pays développés à honorer leurs engagements financiers en matière de climat et de résilience.
Sur le plan sécuritaire, le pays a souligné sa contribution majeure aux opérations de maintien de la paix, citant notamment le déploiement de 1 500 militaires en Haïti au sein de la force autorisée par le Conseil de sécurité.
Une situation humanitaire sous tension
Le Tchad a également dressé un état des lieux préoccupant de la situation à ses frontières. Le pays accueille plus de deux millions de personnes déplacées, dont plus d’un million de réfugiés soudanais ayant fui le conflit depuis avril 2023. Tout en réaffirmant sa neutralité stricte dans le conflit soudanais et son soutien aux initiatives de paix, le gouvernement tchadien a lancé un avertissement clair.
Des frappes aériennes dénoncées avec fermeté
N’Djamena a condamné avec la plus grande fermeté de récentes frappes aériennes survenues dans la province de l’Ennedi-Est. Le Tchad qualifie ces actes de violation inacceptable de son intégrité territoriale et se réserve le droit de riposter en cas de récidive.
Une voix pour le multilatéralisme et la paix
Enfin, le Tchad a abordé les dossiers internationaux, rejetant les actes d’agression contre les États souverains — de l’Iran au Golfe, en passant par Gaza et Cuba. Le pays a réitéré son attachement à une solution à deux États au Proche-Orient et à une réforme en profondeur du multilatéralisme.

