La Côte d’Ivoire, nouvelle référence pour la dette souveraine en Afrique subsaharienne

Première économie d’Afrique subsaharienne à obtenir une notation de « risque faible » de surendettement du FMI, la Côte d’Ivoire confirme son statut de bon élève des marchés financiers et de destination privilégiée des capitaux internationaux.

Lors d’un conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), tenu le 24 juin et portant sur l’analyse de viabilité de la dette ivoirienne, l’institution de Washington a reclassé le pays dans la catégorie « risque faible » de surendettement, tant pour sa dette extérieure que pour sa dette publique totale. Une première en Afrique subsaharienne, qui renforce la confiance des investisseurs envers Abidjan. « Cette évolution marque la rupture avec plus d’une décennie de classement en risque ‘’modéré’’ depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en 2012 », a salué le ministère ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget le 25 juin.

Cette décision récompense deux années de consolidation budgétaire dans le cadre du programme signé avec le FMI en mai 2023. Elle reflète le renforcement de la capacité d’endettement de l’État, grâce à une gestion plus proactive de la dette et une hausse continue des recettes publiques. Fin 2025, la dette de l’administration centrale était estimée à 33 159 milliards de francs CFA, soit 57,1 % du PIB, contre 59,5 % un an plus tôt.

Plus largement, cette validation du profil de risque ivoirien par le FMI confirme une confiance déjà exprimée par les marchés. En février, la Côte d’Ivoire avait levé 1,3 milliard de dollars via un eurobond à quinze ans, sursouscrit près de cinq fois avec un carnet d’ordres de 6,3 milliards de dollars. Le coupon de 5,39 % constituait le coût de financement le plus bas obtenu par un émetteur d’Afrique subsaharienne depuis cinq ans. Une double reconnaissance qui consolide le statut de la Côte d’Ivoire comme signature souveraine de référence.