Figure incontournable du mouvement Pastef, Waly Diouf Bodian a été contraint de quitter la direction du Port autonome de Dakar par le président Bassirou Diomaye Faye. Une décision lourde de sens, d’autant que l’une de ses anciennes déclarations sur les réseaux sociaux semble aujourd’hui se retourner contre lui.
En 2022, il avait publié sur Facebook une prédiction pour le moins audacieuse : « À compter d’avril 2024, Macky Sall ne foulera plus les marches du Palais de la République, sauf s’il y est invité par Ousmane Sonko ». Deux ans plus tard, le cours des événements a démenti cette affirmation avec une ironie cruelle.
Le retour de Macky Sall au Sénégal s’est produit alors qu’Ousmane Sonko ne dirigeait toujours pas le pays. Pire encore, cette arrivée coïncide avec le limogeage de celui qui s’était érigé en défenseur le plus enflammé du leader de Pastef. Après avoir dirigé le Port autonome de Dakar pendant plus de deux ans, Waly Diouf Bodian a été relevé de ses fonctions lors du Conseil des ministres du 16 juillet 2026.
Un remplacement qui s’inscrit dans une vague de changements
Son départ s’ajoute à une série d’évictions dans les entreprises publiques sénégalaises. Après Aïda Mbodji, Toussaint Manga, Ngagne Demba Touré et Alioune Guèye, c’est au tour de Bodian de céder sa place. Doune Pathé Mbengue, administrateur civil et maire de Cambérène, lui succède à la tête du Port autonome de Dakar.
Nommé en avril 2024 pour remplacer Mountaga Sy, Waly Diouf Bodian avait officiellement pris ses fonctions un mois plus tard. Inspecteur principal des Impôts et Domaines, il occupait auparavant le poste de directeur adjoint à la Législation et à la Coopération internationale au sein de la DGID.
De l’activisme à l’administration : un parcours contrasté
Au-delà de ses responsabilités administratives, Waly Diouf Bodian s’était imposé comme l’une des figures les plus engagées de Pastef. Ses prises de position virulentes en faveur d’Ousmane Sonko, notamment après la nomination de ce dernier au titre de « Gardien de la révolution », avaient fait de lui une personnalité redoutée des opposants au parti.
Lorsque Ousmane Sonko a été écarté de la Primature, son maintien à la direction du Port avait déjà suscité des interrogations au sein de la base militante. Plusieurs responsables de Pastef avaient choisi de démissionner par solidarité avec leur leader, mais Bodian avait justifié sa position en invoquant une « gestion collective » plutôt qu’individuelle.
Finalement, le président Bassirou Diomaye Faye a tranché. En le démettant de ses fonctions, il met fin à une collaboration qui mêlait engagement politique et gestion administrative. La réaction de Bodian, sobre et mesurée, a surpris plus d’un observateur. Sur sa page Facebook, il s’est contenté d’écrire : « Alhamdoulillah. Je rends grâce à Dieu ». Ni amertume, ni appel public à la vindicte, seulement une acceptation silencieuse d’une décision qui scelle la fin d’un engagement sans concession.
