Niger : l’ocrtis s’impose comme un pivot de la lutte antidrogue au Sahel
Niamey, 5 juin 2026 — Le Niger confirme son rôle clé dans la répression du trafic international de stupéfiants au Sahel, à la faveur d’opérations menées ces dernières années par l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS). Les saisies et démantèlements réalisés par ce service spécialisé illustrent le renforcement des capacités d’enquête et de coordination des forces nigériennes face à des réseaux transnationaux.

Un carrefour stratégique pour le transit mondial
Le Niger occupe une position géographique névralgique sur les grandes routes de transit reliant l’Amérique latine, l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb, le Moyen-Orient et l’Europe. Les analyses de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) désignent le Sahel comme un corridor majeur pour l’acheminement de cocaïne et autres stupéfiants vers les marchés internationaux. Face à cette réalité, les autorités nigériennes ont progressivement élaboré des réponses opérationnelles pour contrer des itinéraires de plus en plus mouvants et sophistiqués.

Des saisies records qui marquent l’histoire
Plusieurs interventions de l’OCRTIS ont eu un retentissement tant national qu’international. Le 2 mars 2021, une découverte à Niamey a permis la saisie de 17 tonnes de résine de cannabis stockées dans un entrepôt de la capitale. L’enquête a révélé que la cargaison venait du Liban, avait transité par le port de Lomé et était destinée à la Libye. Treize personnes ont été arrêtées, et la valeur de la marchandise est estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars.
En janvier 2022, une opération dans la région d’Agadez a abouti à la saisie de 214,635 kilogrammes de cocaïne, d’une valeur estimée à plus de 11 milliards de francs CFA, ainsi que 450 000 comprimés de prégabaline, des armes de poing, plusieurs véhicules et du matériel de communication satellitaire. L’affaire a attiré l’attention internationale en raison de l’implication présumée de personnalités locales dans le réseau.
Les opérations récentes confirment cette dynamique. Le 25 mai 2026, l’OCRTIS a annoncé à Zinder la saisie de 268,045 kilogrammes de cocaïne dissimulés dans des compartiments aménagés sous la remorque d’un camion. L’itinéraire reconstitué par les enquêteurs reliait le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Niger et la Libye. Huit personnes ont été interpellées. Cette cargaison figure parmi les plus importantes quantités de cocaïne jamais saisies sur le sol nigérien.
Les investigations menées par l’OCRTIS ont également établi des liens avec une saisie antérieure de 51,7 kilogrammes de cocaïne à Gaya, le 29 septembre 2025, ainsi qu’avec d’autres interceptions sur les axes sahéliens. Le 9 février 2026, une opération couvrant les localités d’Illéla, Tahoua et Niamey a permis le démantèlement d’un réseau transnational et la saisie de 800 000 comprimés d’ecstasy, pour une valeur estimée à près de 8 milliards de francs CFA.

Une continuité opérationnelle face à des trafiquants aguerris
L’action de l’OCRTIS ne se limite pas aux seuls coups d’éclat médiatiques. Depuis plusieurs années, le service multiplie les interventions ciblées : saisie de 110 000 comprimés de tramadol à Bitinkodji en 2018, démantèlement de réseaux de cannabis à Niamey en 2020, interception de cargaisons destinées à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient sur les axes sahéliens. Ces opérations témoignent d’une continuité fondée sur le renseignement, la surveillance et l’enquête judiciaire.
Les trafiquants emploient des techniques de plus en plus élaborées : véhicules modifiés, compartiments secrets, téléphones satellitaires et montages financiers transfrontaliers. Pour y faire face, l’OCRTIS a renforcé ses capacités d’enquête technique et sa coopération internationale. Il s’appuie sur des échanges d’informations et des partenariats judiciaires et opérationnels pour remonter les filières, identifier les commanditaires et suivre les ramifications régionales des organisations criminelles.

Leadership et discrétion des forces nigériennes
Derrière ce travail remarquable de l’OCRTIS se trouve le Commissaire général de police Aboubacar Issaka Oumarou, Directeur général de l’Office. Ses interventions publiques ont mis en avant une stratégie axée sur le renforcement des partenariats nationaux et internationaux. Officiers, sous‑officiers et agents, souvent dans l’ombre, mènent filatures, perquisitions et interpellations indispensables à la sécurisation des saisies. Cette approche discrète mais déterminée a porté ses fruits.

Résultats et défis à venir
Les résultats cumulés — saisies de 17 tonnes de cannabis, 214,635 kg et 268,045 kg de cocaïne, 800 000 comprimés d’ecstasy et 450 000 comprimés de prégabaline — classent l’OCRTIS parmi les services spécialisés les plus actifs au Sahel en matière de stupéfiants. Ils démontrent une capacité opérationnelle accrue, mais soulignent aussi la persistance de la menace et la nécessité de renforcer encore la coopération régionale pour endiguer les réseaux transnationaux.
Contactée, la Police nationale du Niger a réaffirmé son engagement à poursuivre les efforts de lutte contre les trafics illicites. Les dossiers saisis sont désormais soumis aux procédures judiciaires en cours, et des poursuites sont engagées contre les personnes interpellées dans les différentes affaires.