Mali : vingt ans de prison pour un agent du renseignement français, Paris crie à l’injustice
Le jeudi 6 juin 2026, la justice malienne a infligé une lourde peine à un agent des services de renseignement français. L’homme, qui bénéficiait d’un statut diplomatique, était détenu depuis près de dix mois à Bamako. Il a été condamné à vingt ans de réclusion pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Paris a immédiatement réagi en dénonçant des « accusations sans fondement ».
Ce verdict intervient après un procès qui s’est déroulé à huis clos jeudi devant la chambre criminelle du pôle spécialisé dans la lutte contre le terrorisme. Le jugement a été rendu public vendredi. En plus de la peine de prison, le ressortissant français écope de vingt ans d’interdiction de séjour au Mali et d’une amende de 5 400 euros, selon plusieurs sources judiciaires concordantes.
L’individu, identifié sous le nom de Yann V., avait été appréhendé le 13 août 2025 lors d’une opération orchestrée par la Sécurité d’État (SE), le service de renseignement local. Officiellement rattaché à l’ambassade de France à Bamako, l’officier a été arrêté en compagnie de plusieurs militaires des Forces armées maliennes (FAMa). Ces derniers, qui ont été radiés de l’armée, n’ont pas encore été jugés. Ils sont soupçonnés d’avoir mis sur pied un réseau d’espionnage et de complot, avec pour objectif de déstabiliser les institutions de la transition et de fomenter un coup d’État.
Un procès à huis clos et des accusations fermes
Le ministère français des Affaires étrangères avait précédemment qualifié les accusations d' »infondées » et exigé la « libération sans délai » de son agent. Cette position a été réitérée après l’annonce de la condamnation. La France conteste fermement les faits reprochés, estimant que son agent n’a fait qu’exercer ses fonctions diplomatiques.