Le Maroc s’équipe de l’IA d’Harmattan pour une chasse aux drones autonome

La guerre moderne évolue rapidement, et les drones sont devenus des acteurs incontournables des conflits récents. Face à l’obsolescence des systèmes de défense traditionnels, le Maroc a pris une décision stratégique en s’associant à la start-up française Harmattan AI pour sécuriser son espace aérien.

Cet accord va bien au-delà d’un simple achat d’armement : Rabat vise une indépendance technologique complète. Le projet inclut l’implantation d’usines au Maroc, la création d’un centre de développement militaire dédié et la formation de chercheurs locaux en collaboration avec les universités du pays.

La technologie d’interception qui protégera le ciel marocain

Le premier volet de l’accord concerne l’interception aérienne à basse altitude, une capacité de défense antiaérienne de très courte portée (VSHORAD). Harmattan AI fournira deux systèmes complémentaires intégrés dans une plateforme de contrôle tactique unique :

  • Système Gobi : Conçu pour neutraliser les petits drones. Cette plateforme ultra-rapide n’a besoin d’aucun temps de préparation après la détection d’une menace. Elle peut abattre une cible en moins d’une minute, avec des vitesses atteignant 350 km/h.
  • Gobi Tempest : Destiné aux menaces plus lourdes. Cet intercepteur autonome fonctionne par tous les temps, embarque 800 grammes d’explosifs et dispose d’une portée opérationnelle de 12 kilomètres.

Comment Harmattan intègre l’intelligence artificielle au combat

Au cœur du dispositif se trouve Kalahari, un système central de commandement et de contrôle qui utilise l’IA pour fusionner en temps réel les données provenant de satellites, de radars et de drones. Il classe automatiquement les menaces et propose la meilleure riposte, allégeant considérablement la charge des opérateurs.

Le système Sahara constitue l’œil du réseau : un radar à ouverture synthétique (SAR) embarqué sur des drones de reconnaissance. Son IA traite les images localement pour détecter des changements millimétriques au sol, comme des véhicules camouflés ou des mines, même à travers les nuages ou les tempêtes de sable.

Enfin, Barkhan représente le bras armé : une gamme de drones d’attaque de précision et de munitions rôdeuses. Leur IA embarquée permet un guidage terminal autonome : si l’ennemi brouille le signal radio, le drone utilise la vision par ordinateur pour verrouiller sa cible et peut coordonner des attaques en essaim avec d’autres drones.

Facteur humain : Bien que l’écosystème soit largement autonome, l’architecture maintient un opérateur humain dans la boucle pour la décision finale de tir, évitant ainsi les dommages collatéraux.

Une croissance fulgurante pour Harmattan AI

Fondée en avril 2024, Harmattan AI a levé 200 millions de dollars lors d’un tour de table mené par Dassault Aviation, atteignant une valorisation de 1,4 milliard de dollars. Son implantation en Afrique du Nord a une forte identité locale : le cofondateur et propriétaire, Mouad M’Ghari, est un entrepreneur d’origine marocaine.

Ce déploiement au Maroc intervient après d’importants contrats avec les forces armées françaises et britanniques. Avec ce partenariat, les Forces Armées Royales marocaines sécurisent non seulement leurs frontières face à la prolifération des drones dans la région, mais posent aussi les bases d’une industrie technologique de défense nationale.