Dakar impulse une médiation urgente à Bissau pour éviter une crise électorale

Une intervention diplomatique musclée du Sénégal en Guinée-Bissau

La capitale sénégalaise, Dakar, a pris les devants sur la scène diplomatique ouest-africaine. Une délégation de haut niveau, composée des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, a atterri à Bissau ce jeudi pour y engager des discussions décisives avec les autorités de transition bissau-guinéennes. L’objectif affiché ? Désamorcer la crise politique qui paralyse le pays depuis près d’un an et éviter un chaos électoral.

Cette mission intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le Sénégal, mandaté par ses voisins de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), cherche à structurer un dialogue constructif entre les militaires au pouvoir et les forces politiques civiles. Une première étape avant le référendum constitutionnel prévu de longue date, qui doit se tenir le 30 août 2026.

Une médiation sénégalaise sous l’égide de la CEDEAO

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du sommet de la CEDEAO organisé à Freetown au mois de juillet. Lors de cette rencontre, les chefs d’État de la région avaient unanimement confié au Sénégal le rôle de facilitateur pour accompagner le retour à la normale institutionnelle en Guinée-Bissau. Une mission que Dakar a immédiatement traduite en action concrète.

Cheikh Niang, ministre sénégalais des Affaires étrangères, et Yankoba Diémé, son homologue de la Défense, ont été désignés pour piloter cette opération. Leur rencontre avec le général Horta Ntam, président de la transition bissau-guinéenne, a permis de poser les bases d’un plan d’action commun. Les deux parties ont convenu de maintenir un dialogue régulier afin d’accélérer les négociations et d’éviter tout blocage susceptible de compromettre la tenue du référendum.

« Nous sommes ici pour accompagner la Guinée-Bissau vers un retour à l’ordre constitutionnel », a déclaré Cheikh Niang à l’issue de l’audience. « Notre démarche vise à garantir un processus électoral transparent et inclusif, dans le respect des délais prévus. »

Un calendrier électoral sous haute surveillance

La Guinée-Bissau traverse une période d’instabilité depuis le coup d’État du 26 novembre 2025. Ce putsch a entraîné la destitution du président Umaro Sissoco Embalo et suspendu tous les scrutins en cours. Face à la pression internationale, la junte militaire a finalement acté l’organisation d’un référendum constitutionnel pour le 30 août 2026, marquant ainsi la première étape d’un calendrier de transition.

Ce scrutin, qui porte sur une révision de la loi fondamentale, est perçu comme un test crucial pour la stabilité de la région. Les observateurs internationaux y voient un moyen de rétablir la légitimité démocratique, tandis que les forces politiques bissau-guinéennes attendent avec impatience le lancement officiel des négociations prévues dans les semaines à venir.

La médiation sénégalaise devra donc faire preuve de fermeté et de diplomatie pour concilier les attentes de la communauté internationale et les réalités politiques locales. Une tâche ardue, mais essentielle pour éviter que la Guinée-Bissau ne sombre dans une crise prolongée.