Au Sénégal, les persécutions anti-homosexuels poussent à l’exil vers la France
au Sénégal, les persécutions anti-homosexuels poussent à l’exil vers la France
Depuis le durcissement des peines pour relations homosexuelles au printemps dernier, les appels à l’aide en provenance du Sénégal se sont intensifiés. Les associations Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge coordonnent désormais leurs efforts pour venir en aide aux personnes en danger.
Chérif* a quitté le Sénégal début juin, avec une seule idée en tête : échapper à la répression grandissante envers les personnes homosexuelles. « J’allais finir en prison », confie-t-il, encore sous le choc des événements récents. Après l’arrestation très médiatisée d’un proche, il a vécu dans une peur constante. « Dès que j’ai lu la nouvelle dans la presse, la seule solution qui s’imposait était la fuite. » L’affaire a pris une dimension politique, l’homme arrêté étant présenté comme un proche de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. Ce dernier a porté le projet de loi alourdissant les peines pour relations homosexuelles, passant de cinq à dix ans d’emprisonnement, adopté le 11 mars dernier. Les médias locaux ont relayé plusieurs cas d’arrestations de partenaires présumés. « Je savais que le téléphone de mon ami serait perquisitionné et que des messages compromettants m’y impliqueraient », explique Chérif. « J’ai effacé tous les échanges, photos et traces de ma vie secrète. »
Au Sénégal, l’ambiance est devenue oppressante. Dans les foyers, les rues, à la télévision comme sur les réseaux sociaux, « tout le monde ne parlait que des homosexuels » et les discours de haine se sont multipliés sans retenue. « Ils corrompent la jeunesse, ils sapent les valeurs de la société… »
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La tension s’est encore accentuée après l’adoption de cette loi controversée. Les associations locales, déjà fragilisées, peinent à protéger les personnes LGBTQI+. Chérif, comme des dizaines d’autres, a dû tout abandonner pour sauver sa vie. « Entre le rejet familial, l’angoisse quotidienne et l’éventualité d’une arrestation, vivre au Sénégal est devenu impossible », témoigne-t-il. Les appels à l’aide vers la France se sont multipliés, reflétant une crise humanitaire silencieuse mais bien réelle.