Urgence sanitaire en RDC : les soignants d’ebola réclament leur dû

Urgence sanitaire en RDC : les soignants en première ligne contre Ebola réclament leur dû

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une épidémie dévastatrice d’Ebola, déclarée le 15 mai 2026. Trois mois après le début de cette crise sanitaire, les structures de santé du pays, parmi les plus démunies au monde, peinent à contenir la propagation du virus. Face à cette situation critique, le Conseil international des infirmières (CII) a tiré la sonnette d’alarme : sans rémunération et sans protection adéquate, les soignants ne peuvent efficacement lutter contre cette menace.

Soignants en combinaison de protection contre Ebola en RDC

Un appel urgent à la rémunération des soignants en première ligne

Howard Catton, directeur général du Conseil international des infirmières, a alerté dans un communiqué publié ce vendredi : « On ne peut pas lutter contre Ebola si l’on ne rémunère pas ceux qui mènent ce combat. » Il rappelle que des milliers d’infirmières et d’infirmiers risquent leur vie chaque jour pour protéger les communautés, souvent au prix de risques personnels considérables.

Pourtant, trois mois après le début de l’épidémie, de nombreux professionnels de santé attendent toujours le paiement de leurs salaires et de leurs indemnités de risque. Selon le CII, ces soignants n’ont pas été rémunérés depuis deux à trois mois, malgré leur engagement sans faille.

Des revendications claires adressées aux autorités congolaises

Le CII a directement interpellé le ministre de la Santé de la RDC, Roger Kamba, pour exiger des mesures immédiates. Les principales revendications incluent :

  • Le versement immédiat des salaires et indemnités de risque impayés aux soignants en première ligne.
  • La garantie de paiements réguliers à l’avenir pour éviter de nouvelles ruptures.
  • La fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) adaptés et en quantité suffisante.
  • La mise en place d’assurances et d’indemnités pour couvrir les risques encourus.

Howard Catton a insisté : « Cette situation nécessite un leadership politique urgent et une intervention directe. Nos appels sont clairs : versez aux professionnels de santé ce qui leur est dû, garantissez qu’ils seront payés régulièrement à partir de maintenant, et offrez-leur la protection dont ils ont besoin pour faire leur travail. »

Une épidémie aux proportions alarmantes

L’épidémie actuelle d’Ebola en RDC est déjà qualifiée de deuxième plus grande jamais enregistrée. En seulement trois mois, elle a causé plus de 2 128 morts pour 4 566 cas confirmés, selon les derniers bilans officiels.

Comparée à la flambée d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, cette épidémie se propage plus rapidement. Si la tendance actuelle se poursuit, elle pourrait dépasser les proportions de la crise ouest-africaine, selon les experts.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a souligné : « Il s’agit déjà de la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée, et elle se propage plus rapidement que toutes les épidémies précédentes. »

Un manque criant de moyens financiers

Pour faire face à cette crise, l’Afrique CDC et l’OMS ont lancé un plan commun de préparation et de riposte nécessitant 518 millions de dollars. Pourtant, à ce jour, seulement 264 millions de dollars ont été mobilisés, laissant un déficit de 254 millions.

Actuellement, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible pour le variant Bundibugyo responsable de cette épidémie. En attendant, l’OMS envisage d’organiser un essai clinique avec le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre du virus.

Vasee Moorthy, responsable du programme Recherche & Développement de l’OMS, a indiqué : « Nous sommes sur le point de soumettre le protocole pour examen aux autorités réglementaires de la RDC. »

Un cri d’alarme pour éviter une catastrophe sanitaire

Face à l’ampleur de cette crise, les autorités congolaises et la communauté internationale sont sous pression. Le manque de rémunération des soignants, combiné à l’insuffisance des moyens matériels, aggrave considérablement les risques de propagation du virus.

Sans une action urgente et coordonnée, la RDC pourrait faire face à une catastrophe sanitaire sans précédent, mettant en péril des milliers de vies.