Riposte contre Ebola en RDC : les ministres Muyaya et Kamba réclament une évaluation objective des faits
En déplacement à Bunia, dans la province de l’Ituri, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a plaidé pour une reconnaissance factuelle des actions menées par la République démocratique du Congo contre l’épidémie d’Ebola. Cette intervention, réalisée aux côtés du ministre de la Santé publique, Roger Samuel Kamba, visait à faire le point sur la situation sanitaire dans l’Est du pays, touchant également le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Face aux critiques de certaines organisations non gouvernementales, le porte-parole du gouvernement a réaffirmé la volonté de transparence des autorités. Tout en concédant que des défis subsistent, il a insisté sur l’importance de ne pas sombrer dans un alarmisme contre-productif. Patrick Muyaya a souligné que l’État congolais n’a pas attendu l’aide internationale pour agir, mobilisant déjà 50 millions de dollars issus du trésor public.
Une gestion financière et opérationnelle assumée
Le ministre de la Communication a tenu à apporter une précision majeure concernant les financements extérieurs. Il a expliqué que les fonds annoncés par des partenaires, comme le gouvernement américain, ne sont pas versés directement aux caisses de l’État mais sont gérés par des ONG. Selon lui, il est crucial que les acteurs sur le terrain fassent preuve de retenue et de responsabilité, plutôt que de chercher à obtenir davantage de moyens par des critiques qui ne reflètent pas toujours la réalité des sacrifices consentis par les équipes locales.
De son côté, le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, a choisi de s’appuyer sur des données quantifiables pour justifier l’efficacité de la riposte. Il refuse de se laisser distraire par les polémiques, préférant se concentrer sur le nombre de tests effectués, les centres de traitement opérationnels, le déploiement des relais communautaires et le taux de guérison des patients. Pour le ministre, seul le bilan final permettra de juger équitablement le travail accompli par chacun.
Les défis d’une épidémie complexe
La situation reste sérieuse depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié cette épidémie, causée par la souche Bundibugyo, d’urgence de santé publique de portée internationale. La propagation du virus, qui a également atteint l’Ouganda, est facilitée par une grande mobilité des populations et la fragilité des infrastructures sanitaires dans des zones parfois marquées par l’insécurité.
Le combat est d’autant plus difficile qu’il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique pour cette souche particulière du virus. Malgré ces obstacles majeurs, les autorités de la République démocratique du Congo affichent un certain optimisme. Elles comptent sur une expertise solide, forgée au cours des seize précédentes épidémies d’Ebola que le pays a su maîtriser avec succès par le passé.