Prime record pour la capture d’iyad ag ghaly et des chefs djihadistes au Mali

Prime record pour la capture d’Iyad Ag Ghaly et des chefs djihadistes au Mali

Portrait d'Iyad Ag Ghaly, chef djihadiste malien

Les autorités maliennes ont franchi une nouvelle étape dans leur lutte contre le terrorisme en annonçant une prime exceptionnelle pour la capture de plusieurs figures majeures des groupes djihadistes et séparatistes. Le général Daoud Aly Mouhammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, a officiellement lancé un appel à la collaboration citoyenne pour localiser sept individus considérés comme des menaces majeures pour la stabilité du pays.

Les autorités maliennes durcissent le ton contre le terrorisme

Dans un communiqué diffusé à la télévision nationale, le gouvernement du Mali a révélé offrir des récompenses financières aux personnes fournissant des informations précises menant à l’arrestation ou à la neutralisation de ces cibles prioritaires. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de protection des populations et de sécurisation des zones sous menace.

Parmi les personnalités visées, Iyad Ag Ghaly, chef emblématique du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), également connu sous le nom de Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), apparaît en tête de liste. Pour sa capture, une prime record de 2 milliards de francs CFA a été promise, reflétant l’importance accordée à sa neutralisation.

Les autres cibles majeures et leurs primes

Les autorités ont également mis à prix d’autres figures clés des groupes armés. Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, et Abdoulaye Mohamed, alias Habib, tous deux membres du JNIM, sont recherchés pour une récompense de 1,5 milliard de francs CFA chacun.

Le Front de libération de l’Azawad (FLA) n’est pas en reste. Algabas Ag Intallah, figure politique et militaire de ce mouvement, voit sa tête mise à prix pour 1 milliard de francs CFA. Trois autres responsables du FLA, Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, font l’objet d’une prime de 500 millions de francs CFA chacun.

Contexte : des attaques aux conséquences dramatiques

Scène de marché au Mali illustrant la vie quotidienne dans un contexte sécuritaire tendu

Cette décision intervient moins de deux mois après les attaques coordonnées du 25 avril qui ont frappé simultanément Kidal et Kati. Ces assauts, menés conjointement par des éléments du JNIM et des séparatistes du FLA, ont eu des répercussions tragiques, notamment la perte du ministre de la Défense, Sadio Camara. Ces événements ont accéléré la mise en place de mesures exceptionnelles pour contrer la menace terroriste.

Qui est Iyad Ag Ghaly, la cible numéro un ?

Photo d'archives d'Iyad Ag Ghaly lors d'une rencontre avec des représentants régionaux en 2012

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly est une figure controversée du paysage politique et militaire malien. Son parcours est marqué par une succession de rébellions, d’allégeances et de radicalisations.

Dans les années 1970, il s’engage aux côtés du colonel Mouammar Kadhafi en Libye, participant à des conflits régionaux. De retour au Mali au début des années 1990, il fonde le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA) et lance une rébellion touarègue avant de s’impliquer dans la création du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA).

Son évolution vers le djihadisme s’accentue dans les années 2000. En 2007, il se rapproche du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), affilié à Al-Qaïda, qui deviendra plus tard Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En 2012, il fonde Ansar Dine, s’alliant à AQMI dans la lutte contre l’État malien.

En 2017, il prend la tête du JNIM, une coalition de groupes djihadistes maliens affiliés à AQMI et à Al-Qaïda. Cette organisation est aujourd’hui considérée comme l’une des plus actives et des plus dangereuses du Sahel, opérant non seulement au Mali mais aussi au Niger et au Burkina Faso.

Selon le Timbuktu Institute, Iyad Ag Ghaly est devenu « l’homme le plus recherché du Sahel et la plus grande menace pour le gouvernement malien ». Son influence s’étend bien au-delà des champs de bataille : il a développé une stratégie de blocage économique visant à asphyxier les villes, notamment Bamako, en coupant les routes et en détruisant les infrastructures critiques comme les lignes électriques.

Son objectif, selon les analystes, serait avant tout politique : affaiblir le régime en place en rendant la vie quotidienne insupportable pour les populations, plutôt que de chercher à prendre directement le contrôle du pays.

La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt international contre Iyad Ag Ghaly pour des accusations de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2012 et 2013. Affilié à Al-Qaïda, le JNIM continue de semer la terreur dans la région, ciblant les forces de sécurité, les civils et les infrastructures stratégiques.