Ousmane sonko révèle l’ampleur des actifs dormants au Sénégal

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a révélé lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, un bilan alarmant : 245 projets d’infrastructures bloqués, représentant un montant global de 279 milliards de francs CFA en actifs dormants. Ces chantiers, qu’ils soient inachevés ou achevés mais non exploités, illustrent les dysfonctionnements persistants dans la gestion publique.

Lors de la séance du 15 avril, le Conseil des ministres avait donné instruction à chaque département ministériel de réaliser un inventaire des projets « à l’arrêt » sur l’ensemble du territoire. Les résultats de ce diagnostic technique confirment les craintes : des centaines de millions engagés, mais non valorisés. « Ces actifs dormants de 279 milliards de francs CFA résultent de l’abandon ou de l’interruption de projets essentiels pour notre développement », a souligné Ousmane Sonko.

Parmi les causes identifiées, le manque de ressources financières arrive en tête, suivi des contraintes techniques et administratives. Certains projets, bien que finalisés, restent inexploités en raison de lacunes dans leur planification ou leur intégration aux réseaux existants. « Construire sans anticiper l’exploitation relève de l’inconcevable. Nous payons aujourd’hui le prix de ces erreurs », a-t-il déploré.

Face à cette situation, Ousmane Sonko a annoncé deux mesures fortes :

  • La création d’un comité dédié au sein de la Primature, chargé de finaliser l’inventaire et d’accélérer la relance des projets ;
  • Une révision complète de l’inventaire, jugé incomplet, pour identifier l’ensemble des blocages.

Le Premier ministre a également pointé du doigt les retards de livraison et les défaillances attribuables à la « roublardise, la négligence et le laxisme » de certains acteurs. « La tolérance zéro doit désormais s’appliquer », a-t-il martelé, appelant à une responsabilisation accrue des services concernés.

Ousmane Sonko a enfin insisté sur la nécessité d’anticiper les problèmes de raccordement (électricité, hydraulique) dès la conception des infrastructures, afin d’éviter que ces « pertes énormes » ne se répètent. Une priorité absolue pour redonner confiance aux investisseurs et aux citoyens dans la gestion publique.