Ousmane Sonko exige un dialogue pour préserver la stabilité du Sénégal

Ousmane Sonko exige un dialogue pour préserver la stabilité du Sénégal

Portrait d'Ousmane Sonko lors de son discours

Après son limogeage de la primature, Ousmane Sonko, figure majeure du paysage politique sénégalais, appelle à un dialogue national pour éviter que le pays ne sombre dans une crise politique. Son message s’adresse directement au président Bassirou Diomaye Faye, alors que les tensions montent autour de la gouvernance et de la gestion des institutions.

À peine écarté de ses fonctions de Premier ministre, Ousmane Sonko, leader du parti pastef, a réaffirmé sa volonté de soutenir le gouvernement nouvellement formé par Bassirou Diomaye Faye. Cependant, il a mis en garde contre les risques d’une gestion improvisée, appelant à une collaboration constructive pour préserver la stabilité du Sénégal.

Cette prise de parole intervient après des désaccords profonds entre les deux hommes, notamment sur la stratégie économique du pays, notamment la gestion de la dette publique. Bassirou Diomaye Faye a justifié son limogeage en évoquant des « positions incompatibles avec la vision gouvernementale ».

Le nouveau gouvernement, composé de 30 membres, a été installé sans l’appui de Sonko, alors que son parti, le pastef, détient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale avec 130 sièges sur 165.

« Un pays se dirige vers le chaos lorsque ses dirigeants ignorent les réalités politiques », a déclaré Sonko lors d’un discours public. Il a vivement critiqué la méthode de constitution du gouvernement, la qualifiant d’« improvisation » et d’« absence de légitimité ».

« Le président doit comprendre que nous vivons une cohabitation. Il ne dispose pas d’une majorité absolue. Ses décisions doivent être négociées, pas imposées », a-t-il martelé.

Le leader du pastef a également rappelé que son parti pourrait, s’il le souhaitait, faire tomber le gouvernement en 72 heures. Pourtant, il a choisi de ne pas recourir à cette option, privilégiant une approche constructive.

« Notre objectif n’est pas de destabiliser, mais de construire. Le Sénégal mérite mieux que des crises inutiles. Investisseurs et citoyens attendent la stabilité », a-t-il souligné.

Sonko a aussi alerté sur les dangers d’une radicalisation des tensions, rappelant les violentes manifestations de 2021 à 2024, marquées par des répressions sanglantes et des pertes humaines.

« La paix se construit à deux. Il est temps d’éviter de reproduire les erreurs du passé », a-t-il conclu, tout en appelant la jeunesse sénégalaise au calme face aux provocations.