Ousmane sonko exige l’achèvement rapide des infrastructures stratégiques au Sénégal

Dakar — Le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un appel solennel aux membres du gouvernement pour accélérer la finalisation des infrastructures en cours dans leurs secteurs respectifs. « Chaque ministre doit désormais prioriser l’achèvement et la mise en service des projets sous sa responsabilité », a-t-il souligné lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures.

Des infrastructures maritimes et portuaires à exploiter sans délai

Parmi les projets prioritaires, le Premier ministre a pointé du doigt plusieurs infrastructures maritimes et portuaires en attente de mise en exploitation. Il a notamment insisté sur la nécessité de « prendre les mesures nécessaires pour leur exploitation rapide et efficace », notamment dans le cadre de partenariats public-privé. Les sites concernés incluent :

  • Le port de Foundiougne-Ndakhonga ;
  • Le quai de pêche de Ndangane Sambou (centre du pays) ;
  • Le point de débarquement aménagé de Soumbédioune ;
  • Les sites de transformation de Rufisque (ouest) ;
  • Les dragues de l’Agence nationale des affaires maritimes dans les régions de Kaolack et Fatick (centre).

62 projets bloqués : une feuille de route pour leur relance

Le gouvernement a identifié 62 infrastructures en difficulté, dont certaines emblématiques :

  • L’université du Sine-Saloum El Hâdj Ibrahima Niass ;
  • Les espaces numériques ouverts ;
  • Les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam (nord) et Kolda (sud) ;
  • Le terminal à conteneurs du port de Nadayane (ouest) ;
  • Les chambres froides et le mémorial du bateau « Le Joola » ;
  • La reconstruction de l’hôpital Aristide-Le-Dantec à Dakar.

Ousmane Sonko a annoncé la mise en place d’un comité dédié pour « lever les blocages administratifs, financiers et juridiques » et garantir la finalisation de ces projets « dans le respect strict des normes de qualité et de coût ».

Une attention particulière portée aux réseaux techniques

Le Premier ministre a également souligné l’importance d’intégrer dès la planification les réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunication. « Chaque infrastructure doit être dotée des équipements nécessaires et d’un modèle de gestion durable », a-t-il rappelé. Pour les maisons de la jeunesse et de la citoyenneté en construction dans plusieurs villes (Tivaouane, Mbour, Linguère, Ranérou, Bambey, Diourbel, Kaolack et Tambacounda), il a fixé un calendrier précis : « leur équipement et leur mise en service devront être effectifs avant le 30 novembre 2026 ».

Valorisation des infrastructures agroindustrielles et sportives

Le conseil interministériel a également abordé le devenir de plusieurs infrastructures agroindustrielles, dont :

  • Les 11 fermes villageoises « Naatangué » dans les régions de Fatick, Kaolack, Louga, Thiès et Tambacounda ;
  • Les agropoles de Mpal (nord), Adéane, Dioulacolon et Mbellacadiao (sud).

Pour ces projets, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de « définir des modèles d’exploitation durables avec des partenaires privés », en tenant compte des besoins locaux. Il a évoqué plusieurs options pour mobiliser de nouvelles ressources : cession de droits d’usage, bail emphytéotique, location, concession de longue durée, réhabilitation, ou affectation administrative.

Concernant les stades nationaux et autres infrastructures sportives, il a recommandé d’envisager des partenariats public-privé pour une exploitation optimale.

Recyclage et valorisation du patrimoine public

Le Premier ministre a étendu ses recommandations à l’ensemble du patrimoine immobilier et foncier de l’État, incluant :

  • Les parcs nationaux (Niokolo-Koba, Hann, delta du Saloum, Djoudj) et les réserves naturelles ;
  • Le patrimoine immobilier des missions diplomatiques et consulaires sénégalaises à l’étranger ;
  • Les actifs de La Poste, des secteurs ferroviaire et aéroportuaire, des autoroutes, des universités publiques, des hôpitaux et des armées.

Pour chaque catégorie, il a demandé la mise en place de mécanismes de « valorisation ou de recyclage », en respectant les législations en vigueur. Une réunion interministérielle sera organisée pour établir une doctrine claire sur ces questions.