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ONU 2023 : le Bénin expose sa feuille de route sécuritaire et ses impacts concrets sur le terrain
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Déclaration historique à l’ONU : le Bénin trace sa voie entre fermeté et diplomatie régionale

Dans un contexte géopolitique sous-régional marqué par des tensions persistantes, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a marqué les esprits lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Aux côtés de l’ambassadeur Marc Hermanne Araba, représentant permanent du Bénin, elle a exposé une vision sécuritaire innovante, mêlant action sur le terrain et coopération multilatérale. Son discours, intervenu juste après ceux des délégations du Mali, du Burkina Faso et du Niger, a suscité de vives réactions, confirmant l’influence croissante de Cotonou dans les débats stratégiques africains.

Alors que le Bénin achevait son mandat à la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, cette intervention a résonné comme un plaidoyer pour une approche globale de la sécurité, alliant moyens militaires et développement socio-économique. Quelles retombées concrètes cette doctrine sécuritaire peut-elle apporter aux citoyens et aux économies de la région ?

Opération Mirador : quand l’armée béninoise verrouille les zones frontalières

Face à l’intensification des attaques de groupes armés dans le Nord du Bénin, les autorités ont riposté avec détermination. L’Opération Mirador se présente comme un pilier central de cette stratégie : un dispositif militaire stratégique déployé pour sécuriser les parcs nationaux de la Pendjari et du W, des zones auparavant vulnérables aux incursions criminelles.

Ce plan ne se limite pas à une présence armée renforcée. Il s’accompagne d’une mobilisation sans précédent des forces de sécurité, avec un recrutement et une formation accélérés de nouveaux agents. L’objectif ? Combler les failles exploitées par les groupes violents et restaurer une présence étatique tangible dans des territoires souvent délaissés. Les premiers résultats sont déjà visibles : une baisse sensible des incidents dans les zones ciblées, saluée par les populations locales et les partenaires internationaux.

L’Initiative d’Accra : un modèle de coopération sous-régionale en marche

La diplomatie béninoise ne se contente pas d’afficher ses ambitions à l’ONU : elle les concrétise sur le terrain. L’Initiative d’Accra, lancée il y a trois ans, rassemble le Bénin, le Ghana, le Togo, la Côte d’Ivoire et les pays du Sahel. Ce mécanisme innovant repose sur trois piliers opérationnels, conçus pour éradiquer les menaces transfrontalières :

  • Partage d’informations en temps réel : Des plateformes sécurisées permettent aux services de renseignement des pays membres d’échanger des données critiques sur les mouvements suspects, réduisant les risques de contamination des crises d’un pays à l’autre.
  • Opérations conjointes transfrontalières : En coordinant leurs actions militaires, les armées des pays membres empêchent les groupes armés de se replier ou de se reconstituer après des pertes sur un territoire donné.
  • Renforcement des capacités logistiques : Des exercices communs et des échanges de bonnes pratiques optimisent l’efficacité des forces engagées dans la lutte anti-terroriste.

Cette initiative, souvent citée en exemple par les observateurs, illustre la capacité du Bénin à fédérer autour de solutions pragmatiques, malgré les divergences politiques parfois observées entre États sahéliens.

Développement et sécurité : une équation gagnante pour les populations du Nord

Le gouvernement béninois a intégré dans sa stratégie une dimension méconnue mais cruciale : le développement socio-économique des zones frontalières. Via l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF), des centaines de projets sont en cours pour transformer ces territoires marginalisés.

Après des années de négligence, les écoles, les centres de santé et les points d’eau sont enfin réhabilités. Les pistes rurales, autrefois impraticables, sont désormais accessibles, facilitant le commerce local et les déplacements. Ces investissements visent un double objectif :

  • Endiguer le sentiment d’abandon chronique qui alimente le recrutement par les groupes extrémistes.
  • Stimuler l’économie locale pour offrir des alternatives viables à l’économie informelle ou illégale, souvent infiltrée par les réseaux criminels.

Les premiers retours confirment l’impact positif de ces mesures : une hausse de la fréquentation scolaire, une amélioration des indicateurs sanitaires et un regain d’activité économique dans les villages frontaliers.

Sécurité communautaire : l’arme secrète contre l’infiltration terroriste

La lutte contre l’insécurité ne peut plus être l’affaire exclusive des forces armées. Le Bénin l’a bien compris en développant des mécanismes d’alerte précoce intégrant les citoyens. Des numéros verts dédiés et des réseaux de sentinelles locales permettent de signaler rapidement toute activité suspecte. Cette approche, inspirée des meilleures pratiques mondiales, repose sur un principe simple : gagner la bataille des cœurs et des esprits.

Les résultats sont tangibles : une augmentation des signalements fiables et une réduction des tentatives d’infiltration. Les communautés deviennent ainsi des actrices clés de leur propre sécurité, brisant le cycle de la méfiance qui alimentait autrefois l’essor des groupes armés.

Retombées tangibles : que change la doctrine béninoise pour les citoyens et l’économie ?

Au-delà des discours, la doctrine sécuritaire béninoise porte déjà ses fruits. Sur le plan humain, la protection des populations nordistes s’est renforcée, avec une baisse des déplacements de réfugiés et une reprise progressive des activités agricoles. Pour l’économie, les premiers indicateurs sont encourageants : les investissements étrangers dans les secteurs minier et agricole du Nord connaissent une progression notable, attirés par un climat sécuritaire enfin stabilisé.

Les partenaires internationaux, de l’Union européenne aux États-Unis, saluent cette approche équilibrée, alliant fermeté sur le terrain et investment dans le capital humain. Cette reconnaissance se traduit déjà par le déblocage de fonds supplémentaires pour financer des projets similaires dans d’autres pays de la sous-région.

Perspectives : vers une alliance sécuritaire africaine élargie ?

La réussite du modèle béninois suscite des vocations. Plusieurs pays de l’espace CEDEAO et du Sahel manifestent leur intérêt pour reproduire des initiatives similaires. Le Bénin, qui reste à la manœuvre avec son pragmatisme coutumier, pourrait bientôt voir ses partenaires adopter ses recettes gagnantes.

Dans les mois à venir, des réunions intergouvernementales sont prévues pour étendre l’Initiative d’Accra à de nouvelles zones frontalières. L’objectif ? Créer un front uni contre les menaces terroristes, économique et démographique. Une chose est sûre : l’approche béninoise a marqué un tournant dans la gestion des crises sahéliennes, et son héritage ne fait que commencer.

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