Nouveau centre du giaba à Abidjan : un outil clé contre le blanchiment en afrique de l’ouest
Le GIABA inaugure à Abidjan un centre régional renforcé pour lutter contre la criminalité financière
Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a présidé ce matin la cérémonie de remise des clés des nouveaux locaux du Centre d’Information du GIABA à Cocody, marquant une étape majeure dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest.
Cette infrastructure, construite à l’initiative du Gouvernement ivoirien et mise à disposition du GIABA, s’inscrit dans une volonté accrue de renforcer la coopération régionale. Elle répond aux défis croissants posés par les méthodes sophistiquées de blanchiment et les flux financiers illicites, qui nécessitent une réponse collective et structurée.
Un centre stratégique pour les pays francophones et lusophones
Le Centre d’Information du GIABA à Abidjan trouve son origine dans une décision historique prise en 2010 par les ministres des Finances de la CEDEAO. Lors de sa 65e session ordinaire à Abuja, il avait été acté la création de deux centres : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les États francophones et lusophones de la région.
Après des années de préparation, le centre a officiellement ouvert ses portes en 2015, suite à la signature de l’Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA en 2014. Depuis, il joue un rôle central dans la mobilisation des acteurs locaux et régionaux contre les crimes financiers.
Des missions élargies pour une lutte plus efficace
Lors de son discours, Adama Coulibaly a souligné l’importance de cette nouvelle infrastructure, qualifiant le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme de menaces aux conséquences dévastatrices pour la stabilité économique et sociale de la sous-région. « Aucun pays ne peut, seul, venir à bout de ces fléaux. La mutualisation des efforts, des données et des expertises est indispensable », a-t-il déclaré.
Le ministre a insisté sur le rôle du centre comme plateforme de sensibilisation, de formation et de recherche, destinée à renforcer les capacités des États membres de la CEDEAO. Il a exprimé le vœu que ce nouvel espace devienne un modèle d’excellence en matière de lutte contre les flux financiers illicites.
Un héritage pour les générations futures
Le Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a rappelé les réalisations du centre depuis son ouverture en 2015. À travers des journées portes ouvertes pour les jeunes, des conférences publiques, des concours d’art oratoire et des séminaires de formation, le centre a déjà contribué à sensibiliser des milliers d’acteurs : médias, leaders religieux, société civile et autorités.
Avec ses nouveaux locaux, le centre ambitionne de franchir une nouvelle étape. « Ce centre doit devenir un carrefour du savoir et de l’innovation, au service des États francophones et lusophones de la CEDEAO », a-t-il affirmé. Il a appelé les administrations, institutions financières, universités et partenaires techniques à s’approprier cet espace, en participant activement aux formations et activités proposées.
Parmi les innovations majeures, le centre intègre désormais un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT), permettant de dispenser des modules spécialisés adaptés à différents profils : autorités compétentes, magistrats, services d’enquête, universitaires, étudiants et professionnels du secteur financier. Ces formations, sanctionnées par des certificats, visent à professionnaliser davantage les acteurs impliqués dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Un engagement durable pour la région
Cette inauguration survient à un moment charnière pour le GIABA, puisque le mandat du Directeur général arrive à échéance fin août 2026. « Ces nouveaux locaux symbolisent la volonté de laisser un outil pérenne aux États membres et aux parties prenantes », a conclu Edwin W. Harris Jr. L’objectif est clair : renforcer durablement la coopération, le partage d’informations et le développement des compétences dans la région.
Avec ce centre, la Côte d’Ivoire et le GIABA réaffirment leur engagement en faveur d’une Afrique de l’Ouest plus intègre, où la transparence financière et la bonne gouvernance sont les piliers d’un développement économique durable.