Maroc : l’humanitaire au centre de la diplomatie africaine lors du CPS de l’UA
Maroc : l’humanitaire au centre de la diplomatie africaine lors du CPS de l’UA
Le Royaume du Maroc a réaffirmé, à travers son ambassadeur auprès de l’Union Africaine, son engagement à faire de l’action humanitaire un pilier central de sa politique étrangère et de sa coopération avec le continent africain.

Mohamed Arrouchi, ambassadeur du Maroc auprès de l’Union Africaine
Le diplomate a rappelé que le Maroc, en sa qualité de champion de l’Union Africaine sur la thématique de la migration, s’attache à faire de l’humanitaire un axe majeur de sa politique étrangère et de sa coopération avec l’Afrique. L’objectif ? Contribuer activement à la réduction des crises humanitaires, où qu’elles se manifestent sur le continent.
Mohamed Arrouchi a souligné que l’engagement humanitaire du Maroc dépasse le cadre des simples interventions d’urgence ou la mise en place de structures temporaires comme les hôpitaux de campagne. Il s’inscrit dans une démarche durable, axée sur le soulagement des populations touchées, tout en favorisant le co-développement, l’échange d’expertises et la diffusion des meilleures pratiques.
L’ambassadeur a également mis en avant l’importance de lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification, dont les répercussions humanitaires se traduisent déjà par une augmentation des réfugiés climatiques en Afrique. Il a précisé que cette approche s’accompagne d’un engagement fort en faveur d’une gouvernance rigoureuse de l’action humanitaire, afin d’éviter que les aides ne soient détournées ou exploitées à des fins contraires à leur vocation première.
Pour lui, les réponses humanitaires en Afrique doivent s’inscrire dans une logique intégrée et multidimensionnelle. Cela implique d’associer aide d’urgence, prévention des conflits, médiation, consolidation de la paix et développement, afin de s’attaquer durablement aux causes profondes des déplacements forcés.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des communautés affectées par les conflits, les catastrophes naturelles ou les chocs climatiques, afin de limiter leur vulnérabilité face aux crises futures.
Mohamed Arrouchi a par ailleurs appelé à renforcer les capacités africaines en matière d’anticipation, de prévention et de réponse aux crises humanitaires, notamment celles liées aux effets du changement climatique. Cela passe par le développement de mécanismes d’alerte précoce, de préparation et de résilience adaptés aux réalités du continent.
L’ambassadeur a aussi plaidé pour une gouvernance plus transparente et responsable de l’action humanitaire en Afrique. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, de redevabilité et d’évaluation, afin de garantir que l’aide parvienne effectivement aux populations concernées et d’éviter toute forme de détournement ou d’exploitation des ressources humanitaires.
Enfin, il a rappelé que l’Afrique traverse une crise humanitaire sans précédent, marquée par des vagues de déplacements massifs causés par les conflits, les catastrophes climatiques, le ralentissement économique et la montée de l’insécurité alimentaire. Face à cette situation, il a souligné la nécessité de privilégier des solutions pragmatiques et durables, en adoptant une approche rationnelle et proactive pour établir un nouvel ordre humanitaire africain. La prévention des chocs, de plus en plus fréquents et complexes, doit selon lui primer sur l’intervention curative.