Gabon: la dette publique atteint 15 milliards de dollars en 2025, un défi majeur pour la trajectoire économique du pays

La dette publique gabonaise a culminé à environ 15 milliards de dollars en 2025, un niveau inédit pour l'économie de la CEMAC. Ce chiffre est le résultat d'un exercice marqué par des tensions de trésorerie et une augmentation des recours aux marchés régionaux.

Une trajectoire d'endettement qui interroge la soutenabilité

Rapportée à la richesse nationale, l'ardoise se rapproche désormais du seuil communautaire de 70 % du produit intérieur brut fixé par la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Le Gabon, cinquième économie de la sous-région, avait pourtant construit sa réputation sur une gestion prudente de ses ratios macroéconomiques dans les années 2000.

La chute des cours du brut en 2014, la crise sanitaire et le gonflement du service de la dette intérieure logé dans les banques locales et sur le marché des titres publics de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) ont contribué à cette évolution.

Pétrole, manganèse et bois : les leviers de recettes

La capacité du Gabon à absorber ce fardeau dépend étroitement de la performance de ses secteurs exportateurs. Le pétrole demeure le pilier des recettes budgétaires, avec une production qui oscille autour de 200 000 barils par jour.

Le manganèse, dont Libreville est un producteur mondial de premier rang à travers la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog), apporte une contribution croissante, portée par la demande asiatique.

Pour aller plus loin

La feuille de route budgétaire présentée pour 2026 devra concilier discipline de dépense, mobilisation des recettes non fiscales et renégociation ciblée du stock. Un équilibre exigeant, mais déterminant pour la crédibilité du pays sur les marchés régionaux et internationaux.