Mali : restriction des motos de 125 cm³ pour renforcer la sécurité
Mali : les autorités restreignent les motos de 125 cm³ et plus pour lutter contre l’insécurité
Face à une dégradation sans précédent de la situation sécuritaire, les dirigeants maliennes ont pris une décision radicale : suspendre la circulation des motocyclettes d’une cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ en dehors des grandes villes. Cette mesure s’accompagne également de l’interdiction de leur importation, transit, commercialisation, vente et distribution gratuite sur l’ensemble du territoire national.
Une mesure exceptionnelle dans un contexte critique
L’arrêté interministériel, diffusé en direct à la télévision nationale, précise que cette restriction s’applique à l’ensemble du territoire malien. Seuls les « district de Bamako, les chefs-lieux de Région, de Cercle et d’Arrondissement » sont exemptés de cette interdiction. Les autorités justifient cette décision par l’utilisation intensive des motos par les groupes armés jihadistes, qui sévissent dans le pays et imposent notamment un blocus sur plusieurs axes routiers menant à Bamako depuis le 30 avril.
Cette crise sécuritaire s’est intensifiée après des attaques d’envergure menées les 25 et 26 avril par des groupes jihadistes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, ainsi que par la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), majoritairement touareg.
Une stratégie pour couper les moyens logistiques des groupes armés
Les autorités maliennes ont également annoncé l’interdiction totale de l’importation, du transit et de la commercialisation des motos de 125 cm³ et plus. Cette décision vise à priver les groupes armés de leur principal moyen de déplacement et de logistique dans les zones sous leur contrôle ou en périphérie des grandes agglomérations.
La moto représente en effet un outil privilégié pour les mouvements jihadistes, permettant des déplacements rapides et discrets, tout en facilitant la logistique des opérations militaires et terroristes. En ciblant ce secteur, les autorités espèrent réduire significativement les capacités opérationnelles de ces groupes.
Une situation sécuritaire sous haute tension
Le Mali traverse actuellement l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Les attaques coordonnées des 25 et 26 avril ont marqué un tournant dans la crise sécuritaire, tandis que le blocus imposé par les jihadistes aggrave la pression sur la population et les forces de sécurité. Bamako, la capitale, reste partiellement isolée, avec des répercussions majeures sur l’approvisionnement et la libre circulation.
Cette mesure de restriction des motos s’inscrit dans une stratégie globale visant à reprendre le contrôle des territoires et à protéger les populations civiles. Les autorités appellent à la vigilance et à la coopération de tous les citoyens pour faire appliquer ces nouvelles règles.