Mali: les motos puissantes interdites hors des villes pour un an
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Mali: les motos puissantes interdites hors des villes pour un an

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Mali Bamako 2025 | Kraftstoffknappheit: Menschen an Tankstelle in Bamako

Le gouvernement malien de transition a pris une décision radicale : les motos de grosse cylindrée ne peuvent plus circuler en dehors des grandes villes. Cette interdiction, valable un an renouvelable, cible les groupes armés terroristes en limitant leur mobilité. L’importation, la vente, le transit et la distribution de ces deux-roues sont également prohibés sur tout le territoire pour la même durée. La mesure suscite le scepticisme chez une partie des Maliens, surtout en zone rurale.

Un arrêté interministériel, diffusé à la télévision nationale début juin, a officialisé cette suspension. Le texte précise : « La circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm³ et plus hors des grandes agglomérations est suspendue sur toute l’étendue du territoire national. » Sont considérées comme grandes agglomérations le district de Bamako, ainsi que les chefs-lieux de région, de cercle et d’arrondissement.

Une des principales artères de Bamako

Pouvoir d’adaptation

Les gouverneurs de région peuvent toutefois adapter ou durcir cette interdiction dans les chefs-lieux de cercle, en fonction de la situation sécuritaire locale.

Un habitant du cercle de Bandiagara, dans le centre du pays, témoigne sous couvert d’anonymat : « Oui, ce sera difficile parce que dans le pays dogon, ce sont ces motos qui sont adaptées à notre environnement. Nous vivons dans des zones montagneuses avec des routes faites de pentes et de rampes raides. Elles sont d’une grande utilité. Que ce soient nos FAMa, les acteurs humanitaires ou nous les paysans, tout le monde les utilise. Les motos de grosse cylindrée remplacent même les ambulances dans notre zone pour transporter les malades vers les centres de santé. »

À Mopti, également dans le centre, l’inquiétude domine chez les propriétaires de ces motos. Ils les utilisent quotidiennement pour se rendre dans les villages voisins afin de pratiquer l’agriculture, l’élevage ou la pêche. Un habitant de Mopti approuve la suspension pour des raisons de sécurité, mais redoute les conséquences : « Nous passons de village en village au quotidien pour mener nos activités. Mais depuis l’annonce de la suspension de la circulation des motos de grosse cylindrée, la plupart d’entre nous avons déposé nos motos. Moi je livrais du pain à plusieurs habitants des villages éloignés de la ville de Mopti. »

Les groupes armés utilisent ces motos robustes pour se déplacer facilement et mener des attaques terroristes. Mais les populations civiles en dépendent aussi pour leurs déplacements quotidiens et pour subvenir aux besoins de leurs familles, en l’absence d’alternatives de transport. Fin avril 2026, une attaque coordonnée d’envergure contre plusieurs villes a été menée par les djihadistes du Jnim et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA). Cette mesure sécuritaire radicale montre la gravité de la crise au Mali, mais elle a un coût social élevé, selon de nombreux analystes.