Libreville et Malabo sur le point d’accord sur Île Mbanié, un pas vers la stabilité régionale
La médiation continentale semblait en passe d’aboutir à la signature d’un accord bilatéral formel entre Libreville et Malabo. Le différend frontalier autour de l’Île Mbanié, qui empoisonne depuis les années 1970 les relations entre le Gabon et la Guinée équatoriale, pourrait connaître son épilogue diplomatique dans les prochaines semaines. Le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu l’émissaire de l’UA, Albert Shingiro, pour présenter un tableau d’avancement jugé encourageant par les deux capitales.
Une querelle territoriale enracinée dans l'ère post-coloniale
L’Îlot Mbanié, situé dans la baie de Corisco, cristallise depuis des décennies les rivalités entre Libreville et Malabo. Au-delà de sa superficie modeste, ce caillou du golfe de Guinée conditionne le tracé de la frontière maritime et, partant, la répartition des blocs offshore potentiellement riches en hydrocarbures.
Face à l'enlisement, les deux gouvernements avaient sollicité en 2003 les bons offices des Nations unies, avant que le dossier ne soit progressivement confié à un mécanisme de médiation piloté par l’Union africaine. Un compromis d’arbitrage a même été soumis à la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, qui a tenu des audiences en 2024 sur la validité des titres juridiques invoqués par chacune des parties.
Des enjeux énergétiques et sécuritaires en toile de fond
Au-delà du symbole, l’accord attendu recèle des implications économiques substantielles. Les eaux entourant Mbanié pourraient abriter des réserves d’hydrocarbures dont l’estimation reste sujette à débat, mais dont l’exploitation suppose une clarification préalable des zones économiques exclusives.
La sécurisation du golfe de Guinée, zone exposée à la piraterie maritime et aux trafics illicites, constitue un autre motif d’accélération. Un contentieux territorial figé complique la coopération militaire et douanière entre les deux voisins.
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La conclusion d’un tel accord représenterait un succès diplomatique majeur pour la transition gabonaise, qui cherche à consolider sa légitimité extérieure, après une phase initiale marquée par la suspension du pays des instances de l’Union africaine. Refermer un contentieux vieux de plus de cinquante ans avec un voisin stratégique offrirait à Libreville un capital politique appréciable, tant sur la scène régionale qu’auprès des partenaires internationaux.