L’Église catholique s’oppose fermement à la révision constitutionnelle en RDC
Le débat sur une éventuelle modification de la loi fondamentale en République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape. Longtemps portée par les cercles de l’opposition, la contestation contre tout changement de la Constitution du 18 février 2006 bénéficie désormais d’un soutien de poids : celui de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).
Dans une prise de position officielle, l’institution religieuse, dont l’influence sur la société congolaise reste majeure, exprime son désaccord face aux velléités de réforme du pouvoir en place. Pour l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, une telle initiative ne présente aucun caractère d’urgence ou de nécessité dans le contexte actuel.
« Il appartient aux ecclésiastiques et aux agents pastoraux de diffuser largement ce message. Nous devons éveiller la conscience des fidèles et des citoyens de bonne volonté pour qu’ils s’opposent aux manœuvres visant à modifier la Constitution », a-t-il déclaré, n’excluant pas l’annonce d’actions citoyennes concrètes dans un futur proche.
Un climat de tension nationale
Les prélats s’inquiètent particulièrement des conséquences d’un tel projet sur la stabilité de la RDC. Selon eux, modifier la Constitution pourrait fragiliser un pays déjà confronté à une insécurité chronique dans l’Est et à des crispations sociales persistantes.
Dans les rues de Kinshasa, le débat passionne et les avis divergent. Une habitante souligne que l’action du chef de l’État doit être perçue sous l’angle de l’intérêt général, tandis qu’une autre s’interroge sur la pertinence d’une telle réforme alors que le pays traverse des crises sécuritaires majeures, notamment avec l’état de siège. De son côté, un jeune Kinois estime que la Constitution doit évoluer pour permettre à l’État d’affirmer sa souveraineté sur la scène internationale à travers de nouveaux traités.
L’influence diplomatique et sociale de la Cenco
Bien que la Cenco ne possède pas de levier institutionnel direct pour bloquer une loi, son poids symbolique est indéniable. Le politologue Christian Moleka rappelle que l’Église catholique dispose d’une capacité de mobilisation unique, couvrant l’ensemble du territoire national. Sa voix résonne non seulement dans les paroisses, mais aussi auprès de la communauté internationale, constituant un levier diplomatique de premier plan.
Parallèlement, la tension politique monte d’un cran. L’opposition a déjà lancé un appel à manifester le 8 juillet prochain pour exiger le départ du président Félix Tshisekedi. En réponse, le secrétaire général de l’UDPS, le parti présidentiel, fustige une tentative de déstabilisation visant à provoquer un soulèvement populaire.