Grève massive à Ndélé après l’arrestation controversée par Wagner
Grève massive à Ndélé après l’arrestation controversée par Wagner : la ville paralysée depuis deux jours
Depuis deux jours, la ville de Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran en Centrafrique, est paralysée. Une grève générale a été déclenchée par les habitants après la détention illégale d’un transporteur par des mercenaires du groupe Wagner. Ses proches n’ont reçu aucune information sur son sort, alimentant inquiétudes et colère dans toute la région.

Un contrôle routier qui tourne au drame
Tout commence mardi soir, lorsqu’un camion en provenance de Bangui arrive à Ndélé. À l’entrée de la ville, des mercenaires du groupe Wagner interceptent le véhicule. Après une fouille approfondie, plusieurs biens des passagers sont confisqués : sacs, porte-monnaie, téléphones et autres effets personnels. Parmi les marchandises saisies figure également du Tramadol, un médicament utilisé contre la douleur mais souvent détourné.
Le chauffeur est arrêté puis libéré quelques heures plus tard. Le transporteur, lui, reste détenu sans que ses proches ne sachent où il se trouve ni dans quelles conditions il est retenu.
Une détention opaque qui enflamme les esprits
Quatre jours après son arrestation, aucune information officielle n’a été communiquée sur le lieu de détention du transporteur. Ses proches ignorent même s’il est toujours en vie. Cette absence totale de transparence a provoqué une vague de rumeurs et de colère parmi les habitants de Ndélé. Beaucoup craignent qu’il ait été tué en détention.
Le Tramadol, symbole d’une corruption généralisée
La saisie du Tramadol a encore attisé les tensions. Les habitants accusent les mercenaires de Wagner de contrôler une partie du commerce de ce médicament en Centrafrique. Selon des témoignages locaux, les Wagner achèteraient du Tramadol en grande quantité en République démocratique du Congo avant de le revendre dans le pays. Pourtant, ils n’hésitent pas à confisquer ce même produit lorsqu’il est transporté par des voyageurs ou des commerçants.
Cette contradiction a choqué la population. Pour les habitants, les mercenaires n’ont aucun droit de saisir les biens des citoyens lors de leurs contrôles arbitraires.
Ndélé à l’arrêt : une ville en colère
Depuis vendredi, les activités sont à l’arrêt dans la ville. Le marché est fermé, les commerçants ne tiennent plus leurs étals et la plupart des boutiques sont closes. Les rues, normalement animées, sont désertes. Cette grève générale, qui dure depuis deux jours, reflète la colère des habitants contre les agissements des mercenaires et leurs méthodes de contrôle abusives.
Pour les Ndéléens, cette affaire dépasse le simple cas du transporteur détenu. Elle met en lumière les contrôles permanents exercés par les Wagner sur les axes routiers, les fouilles systématiques des voyageurs et les confiscations abusives de leurs biens.
Des contrôles routiers de plus en plus fréquents
L’incident survient alors que les mercenaires du groupe Wagner multiplient les contrôles sur les axes menant à Ndélé. Ils procèdent à des fouilles approfondies des véhicules et des passagers, saisissent des biens et peuvent immobiliser des moyens de transport. Dans le cas du camion intercepté mardi soir, les mercenaires ont non seulement saisi des effets personnels et confisqué du Tramadol, mais ont également arrêté le chauffeur et le transporteur.
Le chauffeur a finalement été libéré, mais le transporteur reste détenu sans aucune information sur son sort. Rappelons qu’il ne s’agit pas du propriétaire du camion, mais d’un locataire assurant des navettes de transport entre Bangui et les villes de province, une pratique courante en Centrafrique.
La population réclame désormais des réponses claires et la libération immédiate du transporteur détenu. Sans nouvelles, l’inquiétude grandit et la ville reste paralysée.