Le Tchad envoie 1500 soldats en haïti pour renforcer la mission onusienne contre les gangs

Le Tchad s’engage activement dans la lutte contre l’insécurité en Haïti en déployant 1500 soldats au sein de la mission multinationale de l’ONU. Cette décision, annoncée par le président tchadien Mahamat Déby Itno, marque une contribution majeure à l’effort international pour rétablir la stabilité dans ce pays des Caraïbes.

Un déploiement stratégique en deux bataillons

Selon la lettre adressée au Parlement tchadien, deux bataillons de 750 soldats chacun seront déployés dès ce mois-ci pour une durée initiale d’un an. Cette mission s’inscrit dans le cadre d’une demande formulée par les Nations unies afin de renforcer la sécurité en Haïti, où les gangs armés ont pris le contrôle d’une grande partie du territoire.

Le président tchadien a souligné que « un premier contingent de 400 hommes a déjà été envoyé », démontrant ainsi l’engagement rapide et concret du Tchad dans cette opération. Ces forces viendront s’ajouter à la mission internationale déjà en place, dirigée par le Kenya.

Une mission élargie et renforcée

En 2024, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé l’augmentation des effectifs de la Force de répression des gangs à 5500 soldats. Cette expansion s’accompagne d’une extension des pouvoirs de la mission, incluant désormais la possibilité d’arrestation des membres présumés de gangs, une mesure qui n’était pas autorisée précédemment.

La mission initiale, lancée en 2023 avec 2500 membres sous commandement de la police kényane, avait été confrontée à des défis majeurs : un manque criant de personnel et de financements. Malgré ces obstacles, l’ONU a décidé de renforcer son intervention pour répondre à la crise sécuritaire.

Haïti : une situation sécuritaire critique

Les gangs armés contrôlent désormais jusqu’à 90 % de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, ainsi que de vastes zones rurales. La violence a atteint un paroxysme en 2021 avec l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse à son domicile. Les agressions récentes, comme celle menée par le gang Gran Grif dans la région de Petite-Rivière de l’Artibonite, ont fait au moins 30 morts et des dizaines de disparus, selon les organisations de défense des droits humains.

Face à cette escalade, le déploiement des forces tchadiennes s’inscrit comme une réponse urgente pour tenter de stabiliser le pays et protéger les populations civiles.