Le Premier ministre français en visite officielle au Maroc : priorités et enjeux d’une rencontre historique

Une visite diplomatique majeure pour relancer les relations franco-marocaines

Sébastien Lecornu entame cette semaine sa première tournée à l’international en tant que Premier ministre, avec un passage marqué au Maroc les 15 et 16 juillet. Cette visite officielle, qui intervient après des mois de tensions, s’inscrit dans une volonté commune de renforcer la coopération bilatérale et d’ouvrir une nouvelle ère diplomatique entre Paris et Rabat.

Un contexte diplomatique favorable

Les relations entre la France et le Maroc connaissent un réchauffement sans précédent depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, en 2024. Cette décision, saluée par Rabat, a marqué un tournant après des années de crise des visas et de soupçons d’espionnage, ayant culminé en 2021. Emmanuel Macron avait ensuite été accueilli en grande pompe lors d’une visite d’État en octobre 2024, scellant une série de contrats économiques et sécuritaires.

Selon des observateurs, cette dynamique positive s’explique par le fait que le Maroc est désormais la priorité de la diplomatie française au Maghreb. Paris ne cherche plus à équilibrer sa relation avec Alger, mais mise sur un partenariat renforcé avec Rabat, explique un expert en géopolitique maghrébine.

Un programme chargé pour consolider les accords

L’accueil solennel prévu mercredi soir, suivi d’un dépôt de gerbes au mausolée royal, marquera le début des échanges. Jeudi, les discussions s’intensifieront avec une réunion au ministère marocain des Affaires étrangères, où plusieurs accords dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de la défense seront signés. Sébastien Lecornu sera ensuite reçu en audience privée par le roi Mohammed VI lors d’un déjeuner officiel.

Parmi les sujets sensibles, la question de l’extradition du Franco-Marocain Ismael Benahmed, recherché pour un meurtre commis à Paris en 2019, sera abordée entre Laurent Nuñez et son homologue marocain, Abdelouafi Laftit. Rabat, de son côté, salue le soutien français à son plan d’autonomie pour le Sahara occidental, une position qui a contribué à l’adoption d’une résolution onusienne en 2025 en faveur du Maroc.

Vers un traité d’exception et une visite royale ?

Le clou du sommet pourrait être l’annonce d’une visite d’État du roi Mohammed VI en France, accompagnée de la signature d’un partenariat stratégique qualifié d’exceptionnel. Bien que la date n’ait pas encore été fixée, les ministres des Affaires étrangères des deux pays en ont évoqué le principe fin mai. La dernière visite du souverain marocain en France remonte à plus de deux décennies, en mars 2000.

Cette visite de Sébastien Lecornu s’inscrit dans un contexte politique national marqué par une crise institutionnelle en France, où son mandat a débuté dans une relative discrétion. Après un hommage rendu au Qatar à l’ancien émir Hamad ben Khalifa al-Thani, le Premier ministre se rendra directement à Rabat pour marquer le coup d’envoi d’une nouvelle page diplomatique.