Gabon : Pourquoi le pétrole rebondit sans profiter aux caisses de l’État
La production mondiale de pétrole a fortement rebondi en juin, selon l’enquête mensuelle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Les 11 membres du cartel ont produit 19,43 millions de barils par jour, soit une hausse de 3,3 millions de barils par jour par rapport à mai. Cette augmentation s’explique par le redémarrage progressif des capacités du Koweït et de l’Iran, Téhéran ayant pu relancer ses exportations après la levée du blocus naval américain sur ses ports.
La raison tient à la nature même de ce rebond. Il s’agit d’un rattrapage post-crise du détroit d’Ormuz, et non d’une hausse portée par la demande. L’OPEP a relevé ses objectifs de production pour le mois d’août, une décision qui a pesé sur les cours dans un contexte de craintes de surabondance.
Cette dynamique intervient alors que la trajectoire budgétaire gabonaise reste sous tension. Le collectif budgétaire 2026 a déjà réduit les prévisions de dépenses de 6 358,9 à 5 495,2 milliards FCFA, sur la base d’hypothèses de prix prudentes.
Face à cette équation, Libreville mise sur une stratégie de compensation par les volumes plutôt que sur l’attente d’une remontée des prix. Le champ de Ngongui, inauguré en avril, ajoute 10 000 barils par jour de production additionnelle et porte à lui seul le site au-delà de 60 000 barils quotidiens.
Cette montée en puissance s’inscrit dans la logique de souveraineté énergétique engagée depuis le rachat d’Assala Energy et l’acquisition des actifs de Tullow Oil : produire davantage, sous contrôle national, pour capter une part plus importante de la valeur générée par chaque baril.
Idrissa Diakité
La Rédaction