Félix Tshisekedi impose un cadre fiscal plus souple aux mines en RDC

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a donné des directives claires aux autorités fiscales de son pays pour éviter les méthodes de recouvrement agressives envers les entreprises minières. Selon les comptes-rendus du Conseil des ministres du 10 juillet 2026 à Kinshasa, cette décision vise à préserver l’attractivité du secteur extractif, essentiel pour l’économie nationale.

La RDC, leader mondial de la production de cobalt et deuxième producteur africain de cuivre, dépend fortement de ces ressources pour ses exportations. Le chef de l’État a critiqué les pratiques comme les saisies de comptes bancaires ou les gels d’avoirs, jugées trop brutales. Ces méthodes, selon lui, augmentent les coûts pour les opérateurs, affaiblissent la compétitivité du pays et risquent d’éloigner les investisseurs étrangers.

Un virage vers la modération et le dialogue

Pour inverser cette tendance, Félix Tshisekedi a exigé des ministères de l’Économie, des Finances et des Mines, ainsi que des régies fiscales, une approche plus mesurée. Les mesures de recouvrement devront désormais reposer sur des bases légales solides et ne s’appliquer qu’en dernier recours. Le président a insisté sur l’utilisation prioritaire des procédures de dialogue, de notification préalable et de conciliation prévues par la loi congolaise.

Lors de cette réunion gouvernementale, il a réaffirmé sa volonté de bâtir un secteur minier « compétitif, transparent et prévisible », fondé sur un cadre juridique stable et une collaboration constante entre l’État et les acteurs économiques.

Tensions récentes avec les géants du secteur

Ces directives surviennent alors que les relations entre Kinshasa et plusieurs multinationales minières restent tendues. En 2025, l’Inspection générale des finances avait pointé du doigt des entreprises comme le groupe chinois CMOC et le négociant suisse Glencore, les accusant d’avoir sous-évalué leurs revenus de plusieurs milliards de dollars. Ces allégations, rejetées par les sociétés concernées, ont pesé sur leurs contributions aux fonds publics congolais.

Quelques jours avant cette annonce présidentielle, les autorités fiscales avaient même fermé les locaux de Glencore en RDC dans le cadre d’un litige fiscal. Le groupe a réagi en affirmant poursuivre les discussions avec les autorités tout en contestant toute irrégularité. La présidence n’a pas confirmé si ces mesures étaient directement liées à ce dossier controversé.

Félix Tshisekedi a également ordonné le retrait immédiat des forces de sécurité présentes illégalement sur les sites miniers. Pour lui, cette présence illégale favorise la fraude, la contrebande et l’insécurité, tout en nuisant à la réputation de la RDC auprès des investisseurs internationaux.