Dougueli réplique à Owona Nguini et défend son travail de journaliste

Le journaliste Georges Dougueli a publié une tribune pour répondre aux accusations de Mathias Éric Owona Nguini, vice-recteur de l’université de Yaoundé II. Ce dernier l’avait accusé de « spéculer sur la mort du président Paul Biya » lors d’une intervention télévisée le 26 juin dernier.

Dans son texte, Dougueli assume pleinement cette pratique : « Spéculer sur la mort des chefs d’État fait partie de mon métier. Pour nous, vrais journalistes, rien n’est sacré. » Il rappelle que les rédactions préparent parfois des nécrologies avant le décès des personnalités, et cite François Mitterrand qui qualifiait les journalistes de « chiens ».

À qui s’adresse cette diatribe ?

1. S’adresse-t-il aux suprématistes « Ekangs » ?

Dougueli souligne que Owona Nguini manipule des concepts dangereux en se présentant comme un « seigneur » et en détournant la notion « Ekang » issue de la mythologie du Mvett. Selon l’anthropologue Laburthe Tolra, les Ekangs seraient des « Seigneurs de la forêt » venus du Nil. Owona Nguini prend ces thèses au premier degré et les utilise pour justifier une suprématie politique, ce qui a déjà provoqué des tensions au Gabon avec le mouvement « Tout sauf les Fangs ». Dougueli s’interroge sur le lien avec la Fecafoot et dénonce une stratégie consistant à désigner un ennemi, hier les « Ntaalibams », aujourd’hui les « Eglisiens ».

2. S’adresse-t-il à la caste gouvernante contre la racaille ?

Le journaliste s’étonne que l’on puisse assimiler les soutiens de Samuel Eto’o à des « écervelés » ou des nervis. Owona Nguini tente de mobiliser les clercs contre « les gens d’en bas », en construisant une opposition entre « cerveaux » et « mollets ». Il cherche à ériger Eto’o en « cancer » pour le faire disparaître symboliquement. Dougueli dénonce une tentative de discréditer le peuple et de lui retirer sa souveraineté au nom de « hautes instructions » abusives.

Dougueli conclut en laissant à d’autres le soin d’analyser plus avant les propos de Owona Nguini, notamment les constitutionnalistes, politologues ou psychanalystes.