Conflit politique en RDC : Tshisekedi recule face à la pression de l’opposition
Photo du président Félix Tshisekedi lors d'une intervention à l'ONU en 2025

Dans un contexte politique extrêmement tendu, Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC), a finalement accepté de renvoyer devant le Parlement le texte controversé sur la réforme constitutionnelle. Cette décision intervient alors que la Coalition Article 64 (C64), une alliance majeure de l’opposition, menaçait de mobiliser massivement la population si aucune concession n’était faite.

La C64, fondée en mai par les principaux partis d’opposition dont Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, accuse le gouvernement de vouloir utiliser ce projet de loi pour contourner l’interdiction d’un troisième mandat présidentiel, prévue par la Constitution de 2006. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général de ce mouvement, avait prévenu dès le 12 août que la coalition ne se contenterait plus de simples « conseils » et appellerait à la résistance si le dialogue ne débouchait sur aucun retrait du texte.

Une concession qui divise l’opposition

Si Félix Tshisekedi a cédé en partie aux revendications, la C64 n’en considère pas moins que cette avancée reste insuffisante. Prince Epenge, cofondateur de la coalition, a salué « un petit pas dans la bonne direction », tout en maintenant la pression sur le chef de l’État. La mobilisation populaire, initialement prévue pour le 15 août, avait été reportée à la demande des églises catholique et protestante, qui avaient plaidé en faveur du dialogue.

Outre l’opposition politique, 65 organisations de la société civile congolaise ont également interpellé le président. Dans un mémorandum envoyé le 10 août, elles ont alerté sur les risques de « tensions politiques accrues » et de « détournement des priorités nationales » que représenterait une réforme constitutionnelle menée dans ces conditions.

Un projet de loi sous haute surveillance

Porté depuis 2024 par le parti présidentiel, ce projet de référendum constitutionnel cristallise les craintes d’une instrumentalisation du processus démocratique. Les observateurs soulignent que son adoption pourrait fragiliser davantage la stabilité déjà précaire du pays, déjà confronté à des défis sécuritaires et économiques majeurs.