La session parlementaire extraordinaire, ouverte ce lundi 10 août 2026, prévoit la création de six commissions d’enquête. Parmi elles, celle chargée d’examiner les dysfonctionnements liés au programme « Un étudiant, un ordinateur » suscite plus particulièrement l’intérêt. Lancé en 2017 sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, ce projet représente un engagement financier total d’environ 48 milliards de francs CFA. Une interrogation légitime émerge alors : cette initiative a-t-elle pour objectif sous-jacent de cibler Abdourahmane Diouf, ancien titulaire du portefeuille ?
Des irrégularités identifiées dès 2025
Le dossier n’est pas récent. Dès le 8 novembre 2025, le Premier ministre en fonction à l’époque, Ousmane Sonko, avait pointé du doigt des anomalies dans la gestion de certains programmes éducatifs, notamment ceux relevant du ministère dirigé par Abdourahmane Diouf. Ce dernier avait alors réagi en sollicitant officiellement la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour éclaircir les zones d’ombre, notamment concernant la construction de cinq lots universitaires. Il avait assumé sa part de responsabilité aux côtés des autorités de l’époque.
Il est essentiel de rappeler que le programme « Un étudiant, un ordinateur » couvre une période s’étendant de 2017 à 2026, soit près d’une décennie de gestion ministérielle. Cette commission d’enquête, telle qu’annoncée, englobe donc théoriquement l’action de plusieurs ministres ayant occupé le poste de l’Enseignement supérieur au fil des années.
Un contexte politique explosif
Cette initiative parlementaire survient dans un climat politique particulièrement tendu entre Ousmane Sonko et Abdourahmane Diouf. Ce dernier, ancien membre éminent du parti Awalé et allié historique de la majorité, a récemment rejoint Kiiraay – Les Patriotes républicains, le parti soutenu par le président Bassirou Diomaye Faye. Ce changement d’allégeance politique a contribué à alimenter les spéculations sur une possible instrumentalisation de la commission d’enquête dans un objectif de règlement de comptes.
L’arrêté de convocation de cette session extraordinaire ne mentionne explicitement aucun nom. La commission doit examiner l’ensemble des faits survenus entre 2017 et 2026, impliquant potentiellement plusieurs ministres et responsables du ministère, sans cibler nommément Abdourahmane Diouf dans le texte officiel.
Pour l’heure, rien ne permet d’affirmer avec certitude qu’Ousmane Sonko cherche à « traquer » son ancien collègue à travers cette procédure. Seuls les travaux de la commission et la publication de ses conclusions permettront de déterminer les responsabilités exactes dans la gestion de ce programme évalué à 48 milliards de francs CFA.
