Classement 2025 de l’indice de perception de la corruption en Afrique : des progrès à faire
classement 2025 de l’indice de perception de la corruption en Afrique : des progrès à faire
L’indice classe les nations sur une échelle de 0 (très corrompu) à 100 (très propre). Plus des deux tiers des pays affichent un score inférieur à 50/100, révélant une tendance mondiale préoccupante.
Comment l’indice de perception de la corruption est-il calculé ?
Évaluer la corruption directement est complexe, car elle repose sur des pratiques illégales souvent dissimulées. Transparency International contourne cette difficulté en mesurant la perception de la corruption à travers des indicateurs indirects : taux de poursuites judiciaires contre des fonctionnaires corrompus, détournements de fonds publics, qualité de la protection des lanceurs d’alerte, et bien d’autres.
L’indice s’appuie sur les données de 13 sources externes, telles que la Banque mondiale, le Forum économique mondial, des cabinets de conseil et des organismes de recherche. Chaque pays se voit attribuer un score en fonction de ces critères, puis classé en conséquence.
En 2025, le Danemark mène le classement avec 89 points, tandis que le Soudan du Sud et la Somalie ferment la marche avec seulement 9 points chacun.
l’Afrique subsaharienne en tête des régions les plus touchées
L’Afrique subsaharienne affiche la moyenne la plus basse au monde, avec un score de 32/100. Seuls quatre pays dépassent la barre des 50/100 : les Seychelles, le Cap-Vert, le Rwanda et le Botswana. Aucun pays francophone n’apparaît dans ce groupe restreint.
En Afrique de l’Ouest, où les pays francophones comme le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire se distinguent grâce à des réformes administratives, la moyenne régionale s’élève à 34,2/100. À l’inverse, la Guinée est pointée du doigt pour ses faiblesses institutionnelles et un espace civique très restreint.
le Sahel, une zone sous haute tension
Dans la région du Sahel, les pays francophones affichent des scores encore plus faibles, reflétant des contextes sécuritaires et politiques instables, ainsi qu’un affaiblissement des contre-pouvoirs. Ces conditions favorisent la corruption.
Le Burkina Faso, mieux placé parmi les pays sahéliens, obtient un score de 40/100, bien en dessous de la moyenne de 50/100. À titre de comparaison, le Niger (31), le Mali (28) et le Tchad (22) enregistrent des résultats encore plus préoccupants.
Afrique centrale francophone : une situation alarmante
En Afrique centrale francophone, la moyenne globale est en baisse, notamment en raison des conflits persistants dans des pays comme la République démocratique du Congo (20/100), où l’État central ne contrôle plus certaines zones, désormais gérées par des groupes armés. Le Burundi (17/100) reste également très mal classé. Le Rwanda, avec 58 points, fait figure d’exception positive.
Aucun pays d’Afrique francophone n’atteint les 70 points, seuil considéré par Transparency International comme le début de la zone d’intégrité élevée.
Et en Europe ?
À titre de comparaison, l’Allemagne, avec 77 points, occupe la dixième place mondiale, devançant la France (66 points) de 27 places.
François Valérian, président de Transparency International, souligne : « Les lois anti-corruption existent, tout comme les organismes chargés de les appliquer. Cependant, leur mise en œuvre est insuffisante en raison d’un manque d’indépendance et de ressources. Certains gouvernements, notamment ceux du Nord, minimisent l’urgence d’agir, estimant que la corruption est déjà sous contrôle.