Budget 2026 au Bénin : le dernier trimestre peut-il tout changer ?

Un premier semestre solide peut-il sécuriser la fin de l’exercice 2026 ?
Le Bénin peut-il aborder le dernier virage de l’exercice budgétaire 2026 avec sérénité ? À la fin du mois de juin, le Trésor public béninois avait déjà mobilisé 2 329,6 milliards de FCFA, soit 56,2 % de l’objectif annuel révisé de 4 148,4 milliards de FCFA. Ce niveau de recettes, atteint à mi-parcours, offre au gouvernement une marge de manœuvre inédite pour les trois derniers mois de l’année.
Pourquoi le quatrième trimestre reste-t-il une période charnière ?
Le dernier trimestre de l’année financière conserve un rôle stratégique pour les régies financières, notamment les Impôts et les Douanes, ainsi que pour la chaîne d’exécution de la dépense publique. C’est une séquence historiquement marquée par le recouvrement final des impôts directs et par l’intensification des flux commerciaux de fin d’année au Port autonome de Cotonou. Pour le Bénin, l’enjeu est clair : parachever la collecte des ressources restantes.
Impôts, Douanes et Port autonome de Cotonou : où se joue la dernière collecte ?
Les services fiscaux et douaniers devront transformer les signaux favorables du premier semestre en recettes effectives. La période de clôture doit aussi permettre d’absorber les derniers flux commerciaux avant la fin de l’année. Le quatrième trimestre devient donc un test de mobilisation pour l’ensemble des régies financières.
Des dépenses engagées à 51,2 % : quels paiements restent à liquider ?
Du côté des engagements, la maîtrise observée au premier semestre se traduit par 2 125,4 milliards de FCFA de dépenses engagées, soit 51,2 % du total. Cette situation garantit à l’État la liquidité nécessaire pour :
- liquider les derniers décomptes des grands chantiers d’infrastructures du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) ;
- assurer la régularité du service de la dette et des charges salariales sans tension sur le marché financier ;
- engager les crédits de clôture pour les programmes sociaux et éducatifs du dernier trimestre.
Un cap décisif avant le vote de la loi de finances 2027 ?
Cette trajectoire d’exécution, au seuil du dernier trimestre, renforce la crédibilité du Bénin auprès de ses partenaires financiers internationaux et des agences de notation. L’aisance budgétaire constatée servira de socle aux arbitrages de la session parlementaire d’octobre, durant laquelle les députés examineront le projet de loi de finances pour la gestion 2027.
Vers une clôture 2026 sous la barre des 3 % du PIB ?
Sauf choc exogène imprévu sur les marchés internationaux, le Bénin s’achemine vers une clôture de l’exercice 2026 conforme, voire supérieure, aux prévisions de réduction du déficit public sous la barre des 3 % du PIB. La question n’est plus seulement de savoir si les recettes seront au rendez-vous, mais si la discipline budgétaire pourra être maintenue jusqu’au bout.