Blocus routier au Mali : l’impact sur les voyageurs et le transport

Blocus routier au Mali : l’impact sur les voyageurs et le transport

Mali Bamako 2026 | Vue aérienne de Bamako

Le blocus des axes routiers menant vers Bamako, imposé par les groupes djihadistes au Mali, paralyse le transport de marchandises et les déplacements des voyageurs. Cette situation, décidée après les attaques du 25 avril, a des répercussions majeures sur l’économie et la vie quotidienne des Maliens.

Les attaques des djihadistes du Jnim ont entraîné l’incendie de plusieurs véhicules de transport et de marchandises à destination de la capitale. Certaines entreprises de transport tentent de maintenir leurs activités, mais beaucoup ont dû suspendre leurs services par crainte pour la sécurité des voyageurs et des chauffeurs.

Des trajets perturbés et des retards interminables

Dans une compagnie de transport de Bamako desservant plusieurs pays voisins, l’arrivée d’un bus en provenance de Mauritanie illustre les difficultés rencontrées. Ce trajet, normalement réalisable en quatre jours, s’est transformé en une odyssée de plusieurs jours en raison des risques sécuritaires.

Mody, un migrant malien en route pour célébrer l’Aïd el Kebir, raconte son périple : « Nous avons quitté Nouakchott jeudi à 7 heures du matin pour arriver à Gogui, à la frontière, à 23 heures. Les transporteurs nous ont informés que la route était dangereuse. Résultat : nous avons passé trois nuits sur place. Dimanche, sans escorte militaire, nous avons avancé jusqu’à Diéma, où nous avons appris que les bus partis avant nous avaient tous fait demi-tour sous la menace des djihadistes. »

Un responsable de la compagnie confirme que dix bus sont bloqués dans les pays voisins et que deux ont été incendiés ce week-end sur les routes nationales.

Des voyageurs en attente prolongée

Dans une autre entreprise reliant Bamako à Ségou, des passagers attendent depuis près d’une semaine pour obtenir un billet. Seyba, un sexagénaire originaire de Ségou, explique : « Je devais rentrer chez moi pour présenter mes condoléances, mais aucun bus n’est disponible. On nous répète que la route est trop risquée. J’ai cherché dans quatre autres compagnies, sans succès. Si je ne trouve pas de solution, je devrai rester à Bamako chez des proches. »

Le gérant de cette compagnie, sous couvert d’anonymat, révèle avoir perdu cinq de ses bus samedi dernier, incendiés par les éléments du Jnim. Face à cette menace persistante, l’entreprise a décidé de suspendre temporairement ses liaisons vers et depuis Bamako.

Un impact économique et social lourd

Ce blocus routier aggrave une situation déjà fragile au Mali. Les compagnies de transport peinent à maintenir leurs activités, et les voyageurs se retrouvent piégés, incapables de rejoindre leur destination. Les conséquences touchent aussi bien les particuliers que les professionnels, perturbant les échanges commerciaux et les déplacements essentiels.

La suspension des trajets vers Bamako laisse présager une crise prolongée, tant que les groupes armés maintiennent leur pression sur les axes routiers stratégiques du pays.