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Bénin-Algérie : la coopération sécuritaire de Cotonou peut-elle contenir la menace sahélienne ?
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La question taraude désormais les états-majors de toute l’Afrique de l’Ouest : comment freiner une insécurité qui progresse sans s’enfermer dans un seul camp ? À Cotonou, la réponse prend la forme d’un rapprochement assumé avec Alger. La rencontre organisée au cabinet du Ministère de la Défense nationale, entre les autorités béninoises et une délégation diplomatique et militaire de la République algérienne démocratique et populaire, ouvre la voie à un partenariat de défense bilatéral appelé à se structurer dans la durée.

Pourquoi le Bénin choisit-il de s’appuyer sur Alger ?

Cette audience intervient dans un climat de pression continue exercée par les groupes armés terroristes sur le nord du Bénin. Pour les Forces armées béninoises (FAB), l’enjeu est double : anticiper les attaques et gagner en capacité de riposte. Dans ce contexte, le choix algérien répond à une logique réfléchie plutôt qu’à une simple opportunité diplomatique.

Une pression qui ne relâche pas le septentrion béninois

Les incursions et les menaces récurrentes aux frontières septentrionales imposent à Cotonou d’accélérer la montée en puissance de son appareil militaire, tant sur le plan du renseignement que sur celui des unités de terrain.

Trois arguments qui pèsent dans la balance

  • Une expérience du contre-terrorisme reconnue : l’armée algérienne s’est forgé un savoir-faire salué à l’international dans la lutte contre les maquis insurgés, le contrôle des frontières terrestres et la surveillance des espaces semi-arides et sahéliens.
  • La diversification des appuis : fidèle à une ligne pragmatique, le Bénin veut multiplier ses canaux de coopération militaire — de la logistique à la formation, jusqu’aux technologies de renseignement — sans dépendre uniquement des partenaires occidentaux traditionnels ni d’un alignement rigide.
  • L’accès à la formation : les académies militaires et les centres d’entraînement tactique algériens représentent un levier de premier ordre pour renforcer l’encadrement et les unités d’élite des FAB.

Quels engagements concrets ont été arrêtés ?

Au-delà des gestes de courtoisie diplomatique, les discussions ont débouché sur des orientations précises, destinées à ancrer durablement cette coopération entre les deux États.

Un accord-cadre pour verrouiller la coopération

Les deux parties ont posé les jalons d’un instrument juridique instaurant une coopération technique renforcée. Il prévoit la formation continue des cadres militaires béninois ainsi qu’un transfert d’expérience en gestion de crise et en renseignement d’origine électromagnétique et tactique.

Une concertation permanente sur les menaces transfrontalières

Béninois et Algériens ont convenu d’établir un canal de communication direct et régulier. Objectif : coordonner l’évaluation des dangers qui déstabilisent l’espace sahélo-saharien et menacent le golfe de Guinée.

Quel rôle Alger entend-elle jouer dans l’espace sahélo-saharien ?

Par cette poignée de main, Alger confirme sa volonté de réinvestir le terrain diplomatique et sécuritaire en Afrique subsaharienne. De son côté, Cotonou consolide sa position de verrou stratégique protégeant la côte ouest-africaine, tout en s’adosssant à l’expertise d’un acteur continental majeur.

Former, diversifier, anticiper : l’équation béninoise

En scellant ce rapprochement stratégique avec l’Algérie, le Bénin affiche une méthode : répondre à la crise sécuritaire régionale par une stratégie proactive, en formant ses hommes, en élargissant ses appuis et en s’appuyant sur des partenaires continentaux de premier plan.