Avancée du M23 et de Twirwaneho à Minembwe après des combats acharnés

Les hauts plateaux de Minembwe, situés dans les territoires de Fizi et Mwenga au Sud-Kivu, ont été le théâtre d’une escalade militaire majeure. Pendant près de sept jours, les combattants Twirwaneho, soutenus par l’alliance AFC-M23, ont affronté les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), épaulées par la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et les milices Wazalendo.

Au terme de ces hostilités marquées par l’usage d’artillerie lourde et de drones, les forces du M23/Twirwaneho affirment avoir pris le dessus. Selon plusieurs rapports de terrain, la coalition gouvernementale et ses alliés auraient opéré un repli vers les localités de Lwiko, Mutunda et Miko, cédant ainsi plusieurs positions stratégiques aux alentours de Minembwe.

Un bilan humanitaire préoccupant et des positions abandonnées

Les conséquences sur la population civile sont lourdes. Des vagues de déplacés ont convergé vers Kiziba, fuyant les zones de bombardements. Des témoins décrivent des scènes de chaos, précisant que des zones résidentielles n’ont pas été épargnées par les tirs. Bien que les FARDC n’aient pas encore communiqué officiellement sur l’issue des combats, des sources militaires évoquent un repositionnement stratégique après des affrontements particulièrement rudes dans les secteurs d’Ilundu et de Bidegu.

Des informations font également état d’un retrait précipité des troupes burundaises de la FDNB vers Kakenge, où du matériel militaire aurait été laissé sur place. Bien que des pertes humaines soient signalées dans les rangs de la coalition, aucun bilan définitif n’a été établi.

Les combats dans l’est congolais continuent de pousser des civils, principalement des femmes et des enfants, à fuir vers des camps de déplacés où les conditions de vie restent précaires et marquées par le manque d’abris, de nourriture et d’accès aux soins de base. ©SOS Médias Burundi

Réactions et enjeux régionaux

L’ancien député Moïse Nyarugabo s’est exprimé sur la situation, saluant le recul des forces engagées contre Minembwe. Il estime que malgré le déploiement de moyens aériens comme les Soukhoï et les drones, la menace pesant sur la ville a été écartée, les assaillants ayant été repoussés au-delà de la rivière Lwiko. Il pointe également du doigt la responsabilité de la coalition dans les déplacements forcés de civils.

La participation active du Burundi au conflit reste un sujet de tension. Des accords de coopération sécuritaire entre Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi encadrent cette intervention, bien que des rumeurs de contreparties minières circulent sans confirmation officielle. Le volume des troupes burundaises déployées dans l’est de la République démocratique du Congo témoigne de l’ampleur de cet engagement militaire.

L’AFC-M23 au cœur de l’instabilité

La coalition Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, s’appuie sur le M23 et le groupe Twirwaneho pour maintenir sa pression dans le Sud-Kivu. Ce conflit s’inscrit dans une dynamique régionale complexe où la RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement de soutenir des groupes rebelles. Le Burundi s’ajoute à cette équation, reprochant également à Kigali de déstabiliser son territoire.

Malgré les pressions internationales pour obtenir une désescalade, la situation à Minembwe illustre la fragilité de la sécurité régionale. La zone demeure un foyer d’instabilité où les enjeux locaux et les rivalités entre Kinshasa, Kigali et Gitega continuent de s’affronter sans perspective de paix immédiate.