Attaque de boko haram au Niger : bilan lourd pour les forces nigériennes
Une attaque perpétrée par le groupe djihadiste Boko Haram a coûté la vie à une dizaine de soldats nigériens vendredi près de la ville de N’Guigmi, dans le sud-est du Niger. Les assaillants ont également subi des pertes lors de cet assaut mené dans la région de Diffa, frontalière du lac Tchad.
Une position militaire ciblée dans une zone à haut risque
N’Guigmi, ville stratégique située dans la région de Diffa, est devenue au fil des années un point chaud de l’insurrection djihadiste. Depuis 2009, cette zone abrite des combattants affiliés à Boko Haram et à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), transformant la région en bastion difficile à sécuriser pour l’armée nigérienne.
Un habitant de N’Guigmi, ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, a confirmé à des médias locaux que dix militaires et quatre membres de la garde nationale avaient été tués lors de l’attaque perpétrée vendredi matin. Selon ses déclarations, « des pertes ont également été enregistrées parmi les assaillants », tandis que l’armée nigérienne mène actuellement des opérations de ratissage dans la zone.
Hommage aux victimes tombées au combat
Quelques heures après l’attaque, le gouverneur de la région de Diffa, le général Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a assisté à la cérémonie d’inhumation des soldats tués lors de l’assaut. Lors de cet hommage rendu à N’Guigmi, il a salué la mémoire des « éléments des Forces de défense et de sécurité tombés les armes à la main pour la défense de la patrie ».
Un conflit aux répercussions régionales
L’insurrection initiée par Boko Haram a déjà causé la mort de plusieurs milliers de personnes dans le nord-est du Nigeria, pays voisin du Niger. Les violences se sont étendues aux pays voisins, notamment au Tchad, au Niger et au Cameroun, poussant ces États à renforcer leur collaboration au sein de la force multinationale mixte, créée en 1994 pour lutter contre les groupes armés.
En mai dernier, le Tchad avait riposté en menant des frappes aériennes et des opérations terrestres contre des positions de Boko Haram dans le lac Tchad, en coordination avec le Nigeria et le Niger. Par ailleurs, le Niger fait également face à des violences meurtrières dans sa partie ouest, attribuées à des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Depuis juillet 2023, le pays est dirigé par un régime militaire, confronté à des défis majeurs pour endiguer la propagation de ces groupes armés et restaurer la sécurité dans les zones touchées.