Armand Noutack II : la corruption camerounaise, un mal qui nous ronge tous
Armand Noutack II : la corruption camerounaise, un mal qui nous ronge tous
L’enseignant et analyste politique révèle les failles d’une société camerounaise où l’hypocrisie et les petits arrangements minent toute velléité de progrès.
Un diagnostic sans concession de la société camerounaise
Dans une tribune percutante, Armand Noutack II, enseignant et observateur averti de la scène politique camerounaise, lève le voile sur une réalité dérangeante : le Cameroun ne souffre pas uniquement de ses dirigeants, mais aussi de ses propres citoyens. Selon lui, la société camerounaise cultive une mentalité du statu quo, où les réseaux et les arrangements personnels priment sur l’intérêt général.
L’auteur dénonce une hypocrisie généralisée : « certains se présentent comme des opposants acharnés en public, mais à minuit, ils négocient avec les ministres pour obtenir des marchés publics mal exécutés, générant ainsi des profits colossaux. » Une pratique qui, selon lui, illustre parfaitement l’absence de volonté réelle de changement.
Les Camerounais, acteurs malgré eux du système corrompu
Armand Noutack II s’interroge : le système de corruption au Cameroun est-il une création du président actuel, ou simplement un outil qu’il a su exploiter pour se maintenir au pouvoir ? Sa réponse est sans appel : « le Cameroun veut le changement, mais uniquement à condition que ses petits intérêts frauduleux ne soient pas menacés. »
L’analyste cite des exemples concrets pour illustrer cette mentalité : des fonctionnaires qui émigrent au Canada tout en continuant à percevoir leur salaire au Cameroun, des opposants qui financent leurs campagnes électorales avec de l’argent issu de la fraude, ou encore des commerçants qui crient haro sur le pays tout en vendant des produits avariés sans payer d’impôts.
Une corruption qui touche tous les secteurs
La critique ne se limite pas aux dirigeants politiques. Armand Noutack II étend son analyse à tous les corps de métier :
- Les médecins désertant les hôpitaux publics pour leurs cliniques privées.
- Les policiers arrêtant les automobilistes pour extorquer de l’argent.
- Les promoteurs d’écoles privées proposant des diplômes sans valeur.
- Les journalistes dépendant de coups de fil pour leurs reportages.
- Les proviseurs achetant leur poste et entassant les élèves.
- Les fonctionnaires exigeant des enveloppes pour accomplir leur travail.
Tous, selon lui, sont complices d’un système où la corruption est devenue une mentalité, bien plus qu’une simple pratique.
Le changement ne viendra que de l’introspection
Pour Armand Noutack II, la véritable solution réside dans une prise de conscience collective. Il appelle à une destruction de la toile d’araignée de la corruption mentale qui étouffe le Cameroun depuis plus de quatre décennies. Il précise : « Le changement ne viendra que si chaque Camerounais, qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition, accepte de remettre en question ses propres pratiques. »
Il conseille au ministre en charge des finances de sanctionner les fraudeurs, mais aussi d’infiltrer chaque secteur pour identifier ceux qui, malgré les apparences, continuent à perpétrer ces agissements. Car, selon lui, la corruption n’est pas uniquement une affaire de dirigeants : elle est profondément ancrée dans les mentalités de tous les Camerounais.
« Si tu ne peux pas être toi-même le changement que tu veux pour ton pays, alors tais-toi. »
Voici le message final d’Armand Noutack II. Un appel à l’action, mais aussi à l’honnêteté, pour que chaque Camerounais assume ses responsabilités dans la construction d’un avenir meilleur.
Armand Noutack II