Wagner de nouveau au coeur d’une affaire d’exactions
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Wagner de nouveau au coeur d’une affaire d’exactions

La rédaction francophone de la DW
8 juillet 2026

Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux en Centrafrique montre des scènes de crimes imputés aux mercenaires russes de Wagner.

Des Centrafricains devant une statue représentant des mercenaires de Wagner

Les victimes seraient des ex-combattants venus participer à une opération de désarmement et des civils. Le général Ndalé, un chef de guerre antibalaka, affirme reconnaître sur les images que ce sont bien ses éléments qui auraient été froidement abattus. L’opposition centrafricaine exige le retrait des mercenaires et la société civile demande quant à elle la fin de l’impunité. 

Une opération de désarmement qui tourne mal

La vidéo tourne en boucle depuis mardi sur les réseaux sociaux. Elle montre des hommes qui seraient des mercenaires russes ainsi que leurs supplétifs centrafricains, appelés  » Wagner noirs », à côté de plusieurs corps décapités. Cette scène aurait été filmée par les Wagner eux-mêmes. Dès qu’elle a fuité, le chef de guerre Ndalé a identifié ces hommes tués.

Selon lui, il s’agirait de membres de son groupe. Il raconte que « les Wagner les ont appelés, ils se sont entendus pour aller se faire désarmer« . Le général Ndalé assure que ces hommes « ont déserté les rangs et sont partis. Pendant qu’ils se regroupaient pour attendre les Wagner à côté des civils, les Wagner les ont tous tués ainsi que les civils ».

Ce n’est pas la première fois que des crimes sont imputés aux mercenaire de l’ex-groupe Wagner en Centrafrique. L’opposition démocratique est amère. Elle exige du gouvernement le retrait pur et simple des mercenaires du territoire national.

« Il y a un proverbe chez moi qui dit qu’on n’a jamais vu une pintade quitter la brousse pour venir crever l’œil d’un poussin dans le village. Je ne peux pas accepter que les forces qui sont venues nous appuyer se retournent contre des compatriotes. C’est le principe parce que je préfère le dire de manière très claire, notre soutien est total aux forces armées centrafricaines. On ne peut pas venir aider quelqu’un, se substituer à lui et se retourner contre lui » réagit Martin Ziguélé, le président du MLPC et porte-parole du BRDC.

La société civile réclame justice

Le gouvernement n’a pas encore réagi et les tentatives de la DW pour le joindre sont restées vaines. La société civile, elle, ne décolère pas. Quentin Ngbouando, leader de l’association Gwé, réclame une réponse judiciaire.

« Depuis 24 h, il y a des corps sans vie allongés au sol entourés des mercenaires du groupe Wagner qui ont achevé une opération de torture et d’assassinat cruel. Il n’est pas question que la cruauté prenne le dessus sur la justice, c’est pourquoi nous demandons que le gouvernement fasse la lumière sur cette situation et que les auteurs soient poursuivis pour leur crime  » précise Quentin Ngbouando.

Seulement, les Russes se sont installés dans la chaine pénale. Ils sont soupçonnés par les défenseurs des droits humains d’être responsables de disparitions de personnes à la SRI, la Section de Recherches et d’Investigations rattachée à la gendarmerie. Mais aussi de meurtres contre des policiers et de menaces et passages à tabac de juges. Les rapports de Human Rights Watch et d’Amnesty international qui mettent en avant ces violences attribuées aux Russes sont restés pour l’instant sans suite.