Visite de Brice Oligui Nguema en France : les priorités du Gabon dévoilées

Visite de Brice Oligui Nguema en France : les priorités du Gabon dévoilées

Le président gabonais Brice Oligui Nguema lors d'un déplacement officiel

La visite officielle du président gabonais Brice Oligui Nguema en France ce 20 juillet 2026 s’inscrit dans un contexte stratégique pour Libreville. Parmi les axes majeurs de ces discussions : le renforcement de la coopération bilatérale et l’aboutissement des engagements pris lors des derniers échanges à Paris.

Le dossier du manganèse, ressource phare du Gabon exploitée par Comilog (filiale d’Eramet), occupe une place centrale. Les autorités gabonaises ont fixé un objectif ambitieux : d’ici janvier 2029, l’ensemble du minerai devra être transformé localement avant exportation. Une exigence motivée par la volonté de valoriser davantage les ressources du pays. La France, bien que favorable au principe, souhaite ajuster le calendrier pour tenir compte des investissements colossaux nécessaires, notamment dans les infrastructures industrielles et énergétiques.

« L’échéance de 2029 est au cœur des échanges entre les deux chefs d’État », a confirmé un proche du président Oligui Nguema. Les négociations portent sur des modalités pratiques pour concilier ambition industrielle gabonaise et réalités économiques.

Coopération militaire et gestion des infrastructures : des dossiers sensibles

La révision des accords militaires entre les deux pays figure également à l’ordre du jour. Libreville réclame le transfert du titre foncier du Camp de Gaulle, ancienne base française, et son renommage. À terme, la présence militaire française au Gabon devrait se limiter à des missions de formation. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats du Gabon, avec une attention particulière portée à la Chine, à la Turquie et à l’Inde. Malgré ces ouvertures, Paris demeure le partenaire diplomatique privilégié du Gabon.

Un autre point de friction concerne l’approvisionnement en eau potable de Libreville. L’accord signé il y a un an avec Suez peine à se concrétiser. Les retards s’accumulent, et la France appelle au respect des engagements financiers, estimés à 120 milliards de francs CFA.

Dette gabonaise : un enjeu sous-régional

La question de la dette gabonaise, qui dépasse 70 % du PIB, sera également abordée en coulisses. Libreville a lancé un audit complet dont les résultats sont attendus pour juillet 2026. Parallèlement, le Gabon cherche à finaliser un programme avec le Fonds monétaire international. Les retards dans la transmission des documents à l’institution inquiètent. Une solution concertée avec les créanciers internationaux est encouragée par la France, qui préside le Club de Paris.

Cette dette pèse sur les équilibres économiques de la sous-région et pourrait affecter la stabilité du Franc CFA. Les discussions entre les deux présidents visent donc à sécuriser une issue favorable pour le Gabon, tout en préservant les intérêts des partenaires internationaux.