Urgence humanitaire : cinq nations confrontées à un risque imminent de famine

Le niveau d’alerte a été porté à son maximum pour Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali. Selon une mise en garde de l’ONU, ces territoires font face à une insécurité alimentaire critique qui exige une mobilisation internationale immédiate.

Une course contre la montre pour éviter la famine

D’après une analyse menée conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), l’absence d’une aide massive et rapide condamnerait ces populations à une détresse extrême dans les prochains mois. Cindy McCain, à la tête du PAM, décrit ce rapport comme une « alerte rouge » identifiant précisément les zones où la vie humaine est la plus menacée.

L’aggravation de ces crises est accentuée par des obstacles logistiques majeurs et un manque de financements indispensables au déploiement des secours.

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Focus sur le Soudan et Gaza

Au Soudan, l’état de famine est officiellement reconnu depuis l’année dernière. L’instabilité persistante et les mouvements forcés de population, notamment dans le Grand Kordofan et le Grand Darfour, font craindre une dégradation continue. Près de 24,6 millions d’individus subissent une crise alimentaire sévère, dont plus de 600 000 se trouvent dans une situation catastrophique.

Dans la bande de Gaza, le spectre de la famine se précise. Les opérations militaires en cours bloquent l’acheminement des denrées de base. La totalité des 2,1 millions d’habitants de l’enclave est menacée par une insécurité alimentaire aiguë, avec des prévisions alarmantes pour près d’un demi-million de personnes d’ici la fin de l’été 2025.

Détresse en Haïti et au Soudan du Sud

Le Soudan du Sud affiche également des perspectives sombres. Plus de la moitié de sa population, soit environ 7,7 millions de personnes, devrait connaître des niveaux de faim critiques entre avril et juillet 2025.

En Haïti, l’emprise des gangs et l’insécurité généralisée empêchent l’aide d’atteindre ceux qui en ont le plus besoin. À Port-au-Prince, les populations déplacées sont déjà frappées par une insécurité alimentaire de niveau catastrophique.

L’instabilité au Mali et ailleurs

Le Mali n’est pas épargné : la hausse du coût de la vie et les conflits armés érodent les ressources des familles les plus pauvres. Sans une aide planifiée, des milliers de personnes basculeront dans une détresse alimentaire totale durant la période estivale.

D’autres nations comme la République démocratique du Congo, le Yémen, le Myanmar et le Nigéria figurent aussi parmi les zones nécessitant une vigilance accrue. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, rappelle que la faim n’est pas un risque hypothétique mais une réalité brutale pour des millions d’êtres humains.

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Évolutions contrastées et besoins financiers

Malgré ce tableau préoccupant, certains pays comme le Niger, le Kenya ou l’Éthiopie sortent de cette liste noire grâce à des conditions météorologiques plus clémentes ayant favorisé les récoltes. Le Liban a également vu son niveau de risque diminuer suite à une baisse de l’intensité des combats.

Toutefois, le manque de budget contraint les organisations humanitaires à réduire les rations distribuées. Cindy McCain insiste sur le fait que l’expertise existe, mais que sans financement pérenne, la fenêtre d’opportunité pour sauver des vies se referme inexorablement.