Trois ans de soutien aux droits humains au Tchad : bilan d’un projet historique
Un atelier d’évaluation majeur s’est tenu à N’Djamena le 28 mai, marquant un tournant dans l’accompagnement des défenseurs des droits humains au Tchad. Organisé par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, l’événement a passé au crible trois années d’un ambitieux projet dédié au renforcement des organisations de la société civile locales.
Un engagement commun pour la protection des droits fondamentaux
Ce projet, baptisé « Soutien aux défenseurs des droits humains et à la société civile tchadienne », est né d’une collaboration étroite entre l’ONU et l’Union européenne. Financé par Bruxelles, il a été lancé en mai 2023 avec un objectif clair : doter les acteurs locaux des outils nécessaires pour œuvrer efficacement en faveur des libertés fondamentales.
Lors de l’atelier, Félix Ahouansou, chef du bureau pays du Haut-Commissariat, a salué l’implication des 13 organisations bénéficiaires. Il a rappelé que ce programme, prévu jusqu’en juin 2026, s’inscrit dans une démarche de long terme pour consolider l’État de droit au Tchad. « Sans une société civile forte, aucun progrès durable n’est possible », a-t-il insisté.
Des résultats concrets malgré un contexte exigeant
Les intervenants ont souligné les défis persistants : restrictions de l’espace civique, pressions institutionnelles et menaces sécuritaires pèsent sur les défenseurs des droits humains. Agnès Kovacs, représentante de l’Union européenne, a rappelé que ces obstacles rendent l’appui technique et financier encore plus crucial.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 13 organisations locales ont reçu des subventions, tandis que 58 victimes de violences basées sur le genre ou de violations des droits humains ont pu accéder à une assistance juridique. Parmi elles, 25 ont été accompagnées par le Barreau tchadien. Autre avancée notable : 61 personnes, dont neuf hommes, ont bénéficié d’un soutien matériel, médical et psychosocial via des partenaires spécialisés.
Un bilan participatif pour tracer la voie future
L’atelier a réuni des dizaines de participants, mêlant membres des organisations subventionnées, techniciens et bénéficiaires directs. Les débats ont permis de dresser un état des lieux précis des actions menées, tout en identifiant les bonnes pratiques et les pistes d’amélioration pour les années à venir.
Félix Ahouansou a conclu en réaffirmant la volonté de l’ONU de poursuivre ce partenariat avec l’Union européenne. « Ce projet est une preuve tangible que la coopération internationale peut transformer des vies et renforcer les fondements démocratiques d’un pays », a-t-il déclaré.