Tchad : ouverture de la session parlementaire entre enjeux sécuritaires et réformes clés

Le Congrès tchadien entame sa session ordinaire face à des défis majeurs

Le président du Congrès tchadien, Ali Kolotou Tchaïmi, s'exprime lors de l'ouverture de la session parlementaire

Le président du Congrès du Parlement de la République du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi, a lancé ce mardi la session ordinaire au palais législatif de N’Djamena. Dans un contexte national marqué par des épreuves sécuritaires et des réformes institutionnelles en cours, son allocution a souligné l’urgence de l’unité nationale et du renforcement de l’État de droit.

Hommages aux victimes et reconnaissance des forces engagées

Dès les premières minutes de son discours, Ali Kolotou Tchaïmi a rendu un vibrant hommage aux soldats tchadiens tombés sous les attaques de Boko Haram dans la province du Lac. Il a qualifié cette période de « moment douloureux pour notre pays », saluant le courage des Forces armées et des services de sécurité qui œuvrent sans relâche pour protéger l’intégrité du Tchad.

Une minute de recueillement a été observée en mémoire de la députée Haoua Outman Djame, disparue en mars dernier. Le président du Congrès a rappelé son engagement sans faille pour les valeurs républicaines, ainsi que les nombreuses victimes des violences terroristes et des conflits intercommunautaires qui secouent le pays.

Réformes institutionnelles et sécurité nationale au cœur des débats

Les travaux parlementaires se concentreront sur deux priorités législatives : l’adaptation du règlement intérieur du Congrès aux nouvelles dispositions constitutionnelles, adoptées en décembre 2023, et l’examen de la demande de prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac.

Ali Kolotou Tchaïmi a rappelé que l’état d’urgence avait été décrété le 7 mai pour une durée initiale de 21 jours, en réponse à la menace persistante dans cette région frontalière. Le gouvernement sollicite désormais une extension de 45 jours afin de poursuivre les opérations de sécurisation et d’assurer la protection des civils.

Un rayonnement africain renforcé

Le président du Congrès a salué les récentes avancées diplomatiques du Tchad sur la scène continentale. Il a notamment évoqué la nomination de la sénatrice Mariam Mahamat Nour au poste de vice-présidente de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que l’élection du député Djidda Mamar Mahamat comme troisième vice-président du Parlement panafricain.

Dénonciation des allégations et appel au dialogue communautaire

Ali Kolotou Tchaïmi a fermement rejeté les accusations portées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant des incidents impliquant des pêcheurs dans la province du Lac. Il a dénoncé une « interprétation biaisée des faits » et réaffirmé son soutien total au président Mahamat Idriss Déby Itno ainsi qu’aux forces de sécurité engagées dans la lutte antiterroriste.

Le président du Congrès a également interpellé les communautés du département du Dar Tama, dans la province du Wadi Fira, sur les tensions intercommunautaires récentes. Il a appelé au dialogue et à la réconciliation pour préserver la cohésion nationale et éviter de nouveaux affrontements.

Une mission parlementaire exigeante pour l’avenir du Tchad

Dans une allocution empreinte de gravité, Ali Kolotou Tchaïmi a exhorté les parlementaires à assumer pleinement leur rôle face aux défis actuels. Il a insisté sur la nécessité de construire « un Tchad apaisé, sécurisé, solidaire et prospère », appelant à un travail collectif pour surmonter les épreuves présentes et préparer l’avenir du pays.

La session ordinaire du Congrès a ainsi été officiellement déclarée ouverte, marquant le début d’une période décisive pour les institutions tchadiennes.