Une avancée majeure vient d’être actée au sein de l’Assemblée nationale sénégalaise. Hier, un nouveau comité parlementaire a été officiellement mis en place : le Comité d’évaluation des politiques publiques (CEPP). Cette initiative concrétise enfin une promesse issue de la révision constitutionnelle de 2016, marquant un tournant décisif pour la transparence et la gestion rigoureuse des finances publiques dans le pays.
Le CEPP n’est pas une simple structure administrative de plus. Sa vocation est ambitieuse : évaluer l’impact réel des investissements étatiques sur le quotidien des populations. Cette instance aura pour mission de structurer, conduire et superviser l’évaluation des politiques publiques. Grâce à ce dispositif, les représentants du peuple pourront désormais s’assurer que chaque franc du budget national est utilisé avec efficacité et intégrité.
Les députés ne se limiteront plus à voter les lois. Ils disposeront désormais d’outils concrets pour mesurer l’efficacité de l’action gouvernementale. Afin d’assurer sa crédibilité, le CEPP rassemble les acteurs essentiels de l’Hémicycle. Sa composition reflète la diversité politique de l’Assemblée : le président de l’Assemblée nationale, les leaders des groupes parlementaires, les responsables des 14 commissions permanentes, un représentant des députés non-inscrits ainsi que neuf autres membres choisis proportionnellement à la force de chaque groupe politique.
Cette architecture garantit un équilibre démocratique. Elle intègre à la fois la majorité et l’opposition dans le processus de surveillance de l’action publique.
Ousmane Sonko prend les rênes du comité
Lors de la première séance plénière, le bureau du CEPP a été élu pour lancer les premiers travaux de l’instance. Sans surprise, la présidence a été attribuée à Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale. Son expérience et son leadership seront déterminants pour conférer au comité l’autorité nécessaire face à l’Exécutif.
Il sera secondé par Mohamed Sall, élu premier vice-président, et Djimo Souaré, nommé deuxième vice-président. La coordination administrative et la rédaction des rapports seront assurées par Béatrice Germaine Faye et Adama Diallo, respectivement première et deuxième secrétaire.
Cette élection marque le début d’une nouvelle ère pour le parlementarisme sénégalais. Le CEPP devra rapidement établir son agenda opérationnel. Les citoyens attendent avec impatience les premiers bilans d’évaluation, notamment sur les secteurs clés comme la santé, l’éducation et l’économie.
