Romuald Wadagni relance les grands chantiers d’infrastructures avec le soutien de la Chine

Avec l’arrivée de Romuald Wadagni à la présidence, le Bénin entre dans une phase décisive de sa stratégie de développement. Le renforcement du partenariat avec la Chine constitue le pilier central de cette nouvelle dynamique, se concrétisant par la reprise de projets d’envergure à Cotonou et dans les zones septentrionales du pays.

Une impulsion donnée dès le début du mandat

Dès ses premiers mois à la tête de l’État, Romuald Wadagni, ancien ministre des Finances réputé pour sa gestion rigoureuse, affiche clairement ses ambitions. Pour transformer le territoire, le gouvernement mise sur son partenaire historique, Pékin. Ce renouveau de la coopération se traduit par une activité intense sur les sites de construction, de la côte atlantique jusqu’aux régions nordiques.

La métamorphose de la capitale et de ses environs

À Cotonou et Porto-Novo, l’objectif prioritaire est d’achever la modernisation urbaine et de fluidifier les axes économiques majeurs. Sous la direction du président Wadagni, l’expertise chinoise est mobilisée sur plusieurs volets :

  • Modernisation portuaire et corridors routiers : Les entreprises chinoises de construction reprennent les travaux sur les voies d’accès au Port autonome de Cotonou, afin d’accélérer le transit des marchandises vers l’intérieur du continent.
  • Assainissement à grande échelle : Le programme de rénovation du réseau d’évacuation des eaux pluviales et de revêtement des chaussées, bénéficiant d’un appui technique chinois conséquent, entre dans sa phase cruciale pour protéger la capitale économique des inondations fréquentes.

Le septentrion au cœur des priorités : désenclavement et sécurité

Si la région côtière connaît une transformation notable, la véritable nouveauté de la doctrine Wadagni réside dans l’accélération des investissements dans le nord du Bénin, notamment à Parakou, Natitingou et Kandi. Cette orientation répond à un double enjeu, économique et sécuritaire. Face aux défis de sécurité transfrontalière au Sahel, les autorités béninoises considèrent que le désenclavement et le développement économique sont les remparts les plus efficaces contre l’instabilité.

Principaux axes du plan sino-béninois pour le Nord

  • Réhabilitation des routes stratégiques vers le Niger et le Burkina Faso
  • Amélioration des infrastructures de transport multimodal
  • Soutien logistique aux pôles de développement agricole

Les entreprises chinoises sont ainsi déployées sur la Route nationale inter-États (RNIE), essentielle pour maintenir la compétitivité du corridor béninois face aux autres voies ouest-africaines. En reliant plus efficacement le port de Cotonou aux zones agricoles du Nord et aux pays enclavés, le Bénin se donne les moyens d’une croissance soutenue, estimée à environ 6 % à moyen terme par les institutions financières internationales.

La méthode Wadagni : rigueur financière au service des infrastructures

L’engagement de la Chine sous cette nouvelle administration ne s’effectue pas sans garde-fous. Fort de sa connaissance des mécanismes de la dette et du financement international, Romuald Wadagni promeut un partenariat « gagnant-gagnant » rééquilibré, reposant sur l’efficacité des partenariats public-privé (PPP). Pékin apporte sa puissance technique et industrielle, tandis que Cotonou garantit un cadre macroéconomique stable et assaini, propre à rassurer les investisseurs étrangers.

Les défis à relever

La route reste semée d’obstacles. Pour que cette relance soit durablement couronnée de succès, le gouvernement devra veiller à :

  • Le transfert de compétences : S’assurer que ces mégaprojets favorisent l’emploi local et impliquent davantage les entreprises sous-traitantes béninoises.
  • Le respect des délais : Accélérer les procédures administratives et de passation des marchés, souvent perçues comme des goulets d’étranglement dans l’exécution des projets nationaux.

En relançant simultanément les infrastructures au Sud et au Nord, le président Romuald Wadagni joue sa première grande carte politique et économique. Le Bénin de 2026 est en chantier, et le partenariat avec la Chine en constitue l’un des principaux leviers.