Renforcement des liens stratégiques entre le Maroc et la France
Renforcement des liens stratégiques entre le Maroc et la France
- Convergence politique et stratégique
- La dimension humaine, pilier du partenariat
- Un changement d’échelle dans les relations bilatérales
- Accords signés
Aziz Akhannouch, chef du gouvernement marocain, a souligné que « cette quinzième réunion de haut niveau entre le Maroc et la France intervient à un moment charnière, offrant l’opportunité de dresser un bilan des avancées réalisées et d’accélérer la concrétisation des engagements pris dans le cadre du partenariat d’exception entre les deux nations ».
Cette rencontre historique s’inscrit dans la continuité des orientations tracées par Sa Majesté le roi Mohammed VI, qui mettent en avant l’ambition d’une coopération bilatérale dynamique, équilibrée et porteuse de nouvelles opportunités pour les deux partenaires.
Lors de cet événement, M. Akhannouch a salué l’engagement du président français Emmanuel Macron à insuffler une nouvelle dynamique dans les relations franco-marocaines, consolidant ainsi un partenariat d’exception entre le Royaume du Maroc et la République française.
Convergence politique et stratégique
Dans un contexte international marqué par des défis multiples et des incertitudes croissantes, le Maroc et la France affichent une convergence de vues sur les enjeux régionaux et internationaux, renforçant leur dialogue politique et stratégique avec une confiance mutuelle et un respect partagé.
« Cette convergence s’exprime particulièrement dans les espaces méditerranéen, africain et atlantique, notamment depuis la position française en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et de la marocanité du Sahara, ce qui a permis d’instaurer un climat de confiance renforcé », a expliqué M. Akhannouch.
« Sur le plan économique, la dynamique initiée depuis la dernière visite d’État du président Emmanuel Macron a permis de concrétiser des projets structurants dans des secteurs clés tels que l’industrie, la décarbonisation, les infrastructures, les énergies renouvelables, la logistique, l’innovation et l’investissement productif », a ajouté le Premier ministre marocain.
Aziz Akhannouch a mis en avant la solidité et la qualité de la coopération économique entre le Maroc et la France, portée par l’émergence de nouvelles chaînes de valeur où le secteur bancaire occupe une place centrale dans la relation bilatérale.
Le chef du gouvernement a également insisté sur la volonté commune de promouvoir les transformations technologiques majeures, en particulier dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la numérisation, de la recherche appliquée et des secteurs stratégiques destinés à renforcer la compétitivité des deux économies.
La dimension humaine, pilier du partenariat
Ce partenariat d’exception dépasse les domaines stratégiques et économiques pour s’appuyer sur une conviction commune : la richesse des liens humains entre les deux sociétés. La dimension humaine, qui inclut les universitaires, chercheurs, entrepreneurs, artistes, créateurs et la diaspora, constitue un élément essentiel pour rapprocher les deux peuples et renforcer leurs échanges culturels, a souligné M. Akhannouch.
Concernant le capital humain, M. Akhannouch a confirmé que les deux pays poursuivent leurs efforts pour développer l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, la formation professionnelle, l’innovation et la mobilité des talents.
Parallèlement, le Maroc et la France accordent une importance particulière à la coopération culturelle, à la promotion du dialogue interculturel, à la valorisation du patrimoine commun et au renforcement des échanges humains, qui constituent les fondements durables de leur relation.
Dans cette perspective, le Maroc et la France ont réaffirmé leur ambition de projeter leurs relations bilatérales vers l’avenir, en inaugurant une nouvelle phase de leur partenariat stratégique. Cette dynamique s’inspire de la vision de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de l’engagement du président français à consolider une coopération adaptée aux défis du XXIe siècle.
Les deux gouvernements ont exprimé leur détermination à transformer les engagements politiques en résultats concrets, afin de bâtir un partenariat plus efficace, innovant et capable de répondre aux défis communs dans les domaines économique, technologique, géopolitique et humain.
Un changement d’échelle dans les relations bilatérales
Sébastien Lecornu, Premier ministre français, a salué cette réunion de haut niveau comme un tournant dans les relations bilatérales, concrétisant les engagements pris lors de la visite historique du président français à Rabat en octobre 2024.
Le principal objectif, selon lui, était de donner une nouvelle dimension au partenariat entre le Maroc et la France, en établissant des liens privilégiés — interministériels, politiques, diplomatiques, économiques et culturels — pour instaurer une gouvernance spécifique entre les deux pays.
« La France et le Maroc aspirent à consolider un partenariat stratégique qui, au-delà du renforcement de leur relation privilégiée avec l’Union européenne, servira de pont vers une coopération renouvelée, fondée sur des intérêts convergents et orientée vers le développement et la stabilité du continent africain », a expliqué M. Lecornu, réaffirmant le soutien de Paris au plan d’autonomie pour une solution définitive au dossier du Sahara.
Dans ce contexte, la sécurité restera l’un des piliers du partenariat stratégique maroco-français, aux côtés des grands défis démographiques et environnementaux qui touchent le continent.
Les deux pays renforceront leur coordination dans la lutte contre le terrorisme et les menaces transnationales, convaincus que la stabilité régionale exige une action diplomatique et sécuritaire de plus en plus étroite, selon le Premier ministre français.
En effet, les deux gouvernements se sont accordés sur la nécessité de passer à un niveau supérieur dans leurs relations bilatérales, en ouvrant la voie à une nouvelle dynamique visant à projeter la coopération franco-marocaine au-delà du cadre bilatéral et à en faire un levier au service du développement, de la stabilité et de l’intégration du continent africain.
Sébastien Lecornu a conclu en soulignant que cette réunion marque une nouvelle étape dans l’approfondissement du partenariat franco-marocain. Cette dynamique, a-t-il ajouté, préparera la future visite d’État du roi Mohammed VI en France, qui pourrait aboutir à la signature d’un traité d’amitié exceptionnel, consolidant un partenariat stratégique sans précédent.
Accords signés
Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, et Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ont signé une lettre d’intention relative à la coopération en matière de politique étrangère féministe.
Par ailleurs, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, et Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, de l’Énergie et du Numérique, ont signé un protocole d’accord confirmant le financement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech.
Une déclaration commune a également complété le protocole d’accord sur le partenariat dans le domaine de l’eau, paraphé par Nadia Fettah, Roland Barrot et Catherine Bonnaud, directrice de l’Agence française de développement (AFD) au Maroc. Cet accord précise les engagements pris dans le protocole du 28 octobre 2024 relatif au soutien à la politique nationale de l’eau.
Par ailleurs, Mohamed Berrada, ministre de l’Éducation nationale, de l’Éducation préscolaire et des Sports, et Eléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie et aux Associations internationales de France, ont signé une déclaration d’intention relative à l’enseignement de la langue arabe et de l’histoire-géographie dans les établissements scolaires français au Maroc.
De plus, Abdessamad Kayouh, ministre des Transports et de la Logistique, et Philippe Tabarot, son homologue français, ont signé un plan d’action triennal (2026-2028) pour la coopération technique dans le domaine de l’aviation civile.
M. Kayouh a également signé avec François Lambert, directeur de l’École nationale supérieure maritime (ENSM, France), un accord de partenariat entre cette école et l’Institut supérieur d’études maritimes (ISEM, Maroc) visant à renforcer les échanges scientifiques et pédagogiques.
Dans le secteur postal, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, et Christelle Geneste Defaye, représentante de la directrice générale du Groupe La Poste, ont conclu un accord de coopération pour adapter le service postal aux nouveaux défis et renforcer la collaboration entre les deux opérateurs.
Dans le domaine culturel, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Catherine Pegard, sa homologue française, ont signé une déclaration d’intention sur la coopération cinématographique et audiovisuelle en Afrique, ainsi qu’une déclaration relative aux échanges artistiques.
M. Bensaid a également signé un accord de partenariat stratégique avec Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, pour développer un cadre général de coopération autour d’actions culturelles, intellectuelles et citoyennes.
Hammou Bensaadout, directeur général du Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE), et le directeur général du Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et le développement (CEREMA), ont signé un accord-cadre de coopération dans des domaines tels que l’ingénierie des sols et l’expertise des infrastructures portuaires, hydrauliques et maritimes.
Enfin, Abdelaziz El Hraiki, directeur de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, et Jean-Paul Laclau, directeur général délégué à la recherche et à la stratégie du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), ont signé un accord-cadre de coopération scientifique couvrant l’agriculture, la médecine vétérinaire et les sciences halieutiques et aquacoles.