La Plateforme panafricaine des femmes et des jeunes pour la paix, la démocratie et la gouvernance (2PFJ) a pris position en faveur d’un dialogue politique inclusif et constructif pour accompagner la réforme électorale en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué rendu public, elle souligne l’urgence de bâtir un cadre de discussion élargi, associant toutes les forces vives de la Nation.
Réforme électorale en Côte d’Ivoire : la 2PFJ insiste sur un dialogue politique inclusif
Un diagnostic partagé pour des réformes électorales durables
Pour la 2PFJ, la réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire ne peut se contenter d’une simple consultation. Elle doit s’appuyer sur un diagnostic approfondi de la situation socio-politique, marquée par des tensions persistantes. L’organisation rappelle que les crises électorales passées ont laissé des traces profondes dans la société ivoirienne, et que les solutions proposées doivent permettre de rétablir un climat de confiance.
Dans cette optique, la 2PFJ recommande que le gouvernement ivoirien transforme la démarche actuelle en un véritable processus de négociation républicaine. Ce cadre doit intégrer l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et citoyens afin de garantir l’adhésion de tous aux futures institutions électorales.
Des commissions techniques pour une gestion électorale transparente
La plateforme propose la création de commissions techniques paritaires, composées de représentants du gouvernement, de l’opposition et de la société civile. Ces instances auront pour mission de définir les contours des futurs organes électoraux, en veillant à leur autonomie financière, à leur indépendance et à leur compétence technique. Leur objectif : concevoir une architecture institutionnelle capable de garantir des élections crédibles et apaisées.
Les propositions de la 2PFJ s’articulent autour de trois axes principaux :
- L’indépendance des organes électoraux, pour éviter toute ingérence politique ;
- L’équilibre des forces au sein des nouvelles institutions ;
- La représentation équitable des femmes et des jeunes, afin de renforcer la légitimité des processus électoraux.
Libération des détenus politiques et retour des exilés : des préalables au dialogue
Pour instaurer un climat propice aux échanges, la 2PFJ insiste sur deux mesures symboliques : la libération des personnes détenues dans le cadre d’affaires politiques et le retour sécurisé des exilés. Ces gestes, selon elle, sont essentiels pour rétablir la confiance entre les différentes composantes de la société ivoirienne.
L’organisation rappelle que les crises électorales ont profondément éprouvé la population, mais souligne aussi la résilience des Ivoiriens. Elle appelle à saisir cette réforme comme une opportunité de rassembler les énergies autour d’un projet commun : une Côte d’Ivoire stable, pacifique et prospère.
Une réforme électorale au cœur des enjeux nationaux
La 2PFJ s’inscrit dans un contexte où le gouvernement ivoirien a récemment lancé une vaste réflexion sur la réforme du système électoral. Après la dissolution de l’ex-Commission électorale indépendante (CEI), une séance de travail présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé a réuni, le 22 juin 2026, partis politiques et société civile. L’objectif ? Identifier des pistes pour des solutions durables et consensuelles.
Dans une déclaration signée par Jean-Martial N’Guessan, président du conseil d’administration de la 2PFJ, l’organisation réaffirme sa volonté de contribuer à ce processus. Elle insiste sur la nécessité d’un consensus national pour garantir la légitimité des futures institutions électorales et prévenir de nouvelles crises.