Réforme du pastef bloquée, sonko en difficulté au Sénégal

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu un verdict sans appel hier : la réforme institutionnelle portée par la majorité parlementaire du Pastef est jugée anticonstitutionnelle. Une décision qui fragilise la position d’Ousmane Sonko et relance les tensions politiques dans le pays.

Ousmane Sonko après sa nomination au poste de Premier ministre.

une réforme contestée et un texte rejeté

La réforme, adoptée par l’Assemblée nationale grâce à la majorité du Pastef, visait à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions. Cependant, le Conseil constitutionnel, saisi par le président Bassirou Diomaye Faye, a identifié deux irrégularités majeures :

  • l’absence de financement prévu pour la future Cour constitutionnelle, prévue par la réforme ;
  • le non-respect de certaines procédures parlementaires lors de l’examen des amendements gouvernementaux.

Ces manquements ont conduit à l’annulation pure et simple du texte, mettant fin à l’ambition de réformer en profondeur les institutions sénégalaises.

Sénégal, Mbour, 2024 | Meeting de campagne de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

les réactions politiques et les perspectives

Ousmane Sonko a reconnu la décision du Conseil constitutionnel sur les réseaux sociaux, tandis que la coalition présidentielle a salué le bon fonctionnement des institutions. Adji Diarra Mergane Kanouté, ex-députée et présidente de la coalition Ensemble Demain, a souligné que cette annulation n’était pas définitive, mais qu’une nouvelle tentative devrait impérativement respecter les règles constitutionnelles, notamment en matière de financement des nouvelles institutions.

Pour Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, cette décision est une avancée démocratique : « Le Conseil constitutionnel nous rappelle que, même avec une majorité, il faut un dialogue inclusif et respecter les avis de tous. »

une cohabitation sous haute tension

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Depuis son éviction de la Primature en mai, Sonko a pris la tête de l’Assemblée nationale, mais les divergences avec le président se multiplient. Lors d’une déclaration récente, Sonko évoquait même une situation de « cohabitation » avec le chef de l’État.

Pour de nombreux observateurs, cette invalidation marque un nouveau chapitre dans la rivalité politique qui secoue le sommet de l’État et pourrait redéfinir l’équilibre des pouvoirs au Sénégal dans les mois à venir.