Rdc : le manifeste de kasangulu, feuille de route citoyenne pour la refondation du pays
Le vendredi 26 juin 2026, à Kinshasa, le Comité de crise de la Société civile pour la paix et la sécurité en RDC (CCPS-RDC) a officiellement lancé le Manifeste citoyen, un document destiné à guider la refondation du pays. Ce texte, appelé Manifeste de Kasangulu, se veut une réponse collective aux défis majeurs que traverse la nation.
Élaboré de manière participative avec des représentants de plusieurs provinces, ce manifeste propose une vision de transformation nationale axée sur la gouvernance responsable, la paix, la sécurité, la justice sociale, la participation citoyenne, l’éducation, la santé, le développement économique, la protection de l’environnement et le renforcement de l’État de droit.
La cérémonie d’ouverture a été animée par Mme Sylvie Nakweti, directrice de la Communication, du Plaidoyer et de la Documentation de la DYCOD-RDC, qui a salué l’engagement des organisations de la société civile dans cette dynamique de renaissance nationale.
Le professeur Iyoka Jean Bedel a souligné que le Manifeste citoyen est le fruit d’une démarche pédagogique et inclusive, offrant au Congo une base de réflexion et d’action pour sa reconstruction. Me Patient Bashombe Matabishi, coordonnateur du CCPS-RDC, a présenté le document en insistant sur sa portée historique. « Nous avons lancé aujourd’hui le Manifeste citoyen, dit Manifeste de Kasangulu, parce que c’est à Kasangulu que les travaux de la commission chargée de son élaboration se sont déroulés. Ce manifeste présente la vision de la société civile pour le redressement du Congo », a-t-il déclaré.
Il a également expliqué que le choix du 26 juin, veille du 30 juin (fête de l’indépendance), est hautement symbolique. « Nous avons voulu participer au débat national et sensibiliser chaque Congolais à sa responsabilité face à l’histoire. Ce débat ne doit pas être réservé aux seuls acteurs politiques. Le Congo appartient à tous les Congolais. Le Manifeste citoyen est une expression des citoyens, un appel à tous les patriotes pour défendre la République démocratique du Congo », a-t-il ajouté.
M. Daie Mutombe Pierrot, président des Onusiens congolais, a présenté le courant idéologique BLOC-RDC, porteur de la Révolution démocratique citoyenne, visant à promouvoir la citoyenneté active, la bonne gouvernance et la souveraineté nationale. À cette occasion, Me Patient Bashombe Matabishi a été plébiscité à la présidence du BLOC-RDC, et le professeur Iyoka Jean Bedel désigné secrétaire général.
Interrogé sur le débat autour de la révision constitutionnelle, le coordonnateur du CCPS-RDC a rappelé la position de la société civile : la Constitution est l’outil fondamental de la cohésion nationale. Concernant les articles verrouillés, il estime qu’un large consensus est indispensable, car ces dispositions ont été adoptées par consensus et seul un consensus peut les modifier. Le Manifeste citoyen aspire à devenir un texte fondateur pour les futures orientations du pays.
Cette rencontre a rassemblé près de 200 organisations de la société civile, des représentants communautaires, des universitaires, des syndicalistes, des avocats, des médecins, des entrepreneurs, des mouvements de jeunesse et de femmes, des défenseurs des droits humains et des leaders locaux. Les participants ont salué la qualité du document et recommandé une vaste campagne nationale de vulgarisation pour son appropriation sur tout le territoire et au sein de la diaspora.
En clôture, le CCPS-RDC a invité toutes les composantes de la nation à s’approprier le Manifeste citoyen comme une contribution majeure à la refondation de l’État, à la consolidation de la paix et à la construction d’un avenir plus juste, prospère et démocratique pour la RDC.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23 et l’activisme des groupes armés locaux et étrangers, aggravant la crise humanitaire avec des déplacés internes et des réfugiés, tandis que les financements internationaux diminuent et les hostilités se poursuivent dans l’est du pays. Par ailleurs, le débat sur la réforme constitutionnelle a donné naissance à deux coalitions : la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) et la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4), chacune affirmant bénéficier du soutien populaire.