Quel héritage Abdoulaye Koné laisse-t-il à la Côte d’Ivoire après 91 ans de service ?

La disparition d’Abdoulaye Koné, survenue le samedi 19 septembre 2026 à l’âge de 91 ans, soulève une question essentielle : quel héritage cet ancien ministre de l’Économie et des Finances lègue-t-il à la Côte d’Ivoire et à l’espace économique ouest-africain ?
Le président Alassane Ouattara a tenu à saluer la mémoire d’un homme d’expérience et de conviction, dont l’action a notamment contribué à la consolidation de l’UEMOA.
Un parcours au service de l’État ivoirien
Né à Tingréla, dans le nord de la Côte d’Ivoire, Abdoulaye Koné a consacré une grande partie de sa vie au service public. Sa trajectoire l’a conduit à exercer plusieurs responsabilités dans l’administration ivoirienne avant d’accéder au gouvernement sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny.
Avant de prendre les rênes du ministère de l’Économie et des Finances, il avait occupé des fonctions stratégiques, notamment celles de Directeur du Budget et de Secrétaire d’État au Budget. Ces postes le plaçaient au cœur de la mécanique financière de l’État, là où se décident les équilibres budgétaires et les grandes orientations de la dépense publique.
Son passage au gouvernement intervient à une période où la Côte d’Ivoire cherche à consolider les fondations de son développement économique et à renforcer son insertion dans les dynamiques régionales.
Un acteur clé de la construction régionale ouest-africaine
Dans l’hommage rendu au disparu, le président Alassane Ouattara insiste sur une dimension particulière de son parcours : son implication dans la construction de l’espace économique ouest-africain. Sous l’égide du président Félix Houphouët-Boigny, Abdoulaye Koné a œuvré à la consolidation de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Cette dimension régionale donne une portée singulière à son action. Elle rappelle le rôle joué par certains hauts responsables ivoiriens dans la mise en place et le renforcement des cadres de coopération économique et monétaire entre les États de l’Afrique de l’Ouest.
Son expérience ne s’est pas limitée à l’exercice des responsabilités gouvernementales. Elle a également croisé le parcours professionnel d’Alassane Ouattara, alors que celui-ci exerçait des fonctions à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Le président de la République témoigne de la place particulière occupée par son aîné dans son propre parcours, le qualifiant de « véritable source d’inspiration et de soutien indéfectible ».
Une mémoire à transmettre aux générations futures
Avec sa disparition, c’est une partie de la mémoire administrative et économique de la Côte d’Ivoire qui s’éloigne. Pendant plusieurs décennies, Abdoulaye Koné aura connu les transformations de l’État ivoirien, ses périodes de consolidation économique et les mutations de son environnement régional.
De la Direction du Budget au gouvernement, puis dans les responsabilités liées à la coopération économique régionale, son parcours épouse une partie de l’histoire des institutions financières et économiques du pays. À l’annonce de son décès, le président Alassane Ouattara a adressé ses condoléances à son épouse, à ses enfants, à sa famille et à l’ensemble de ses proches.
Le temps viendra de dresser le bilan complet de cette longue carrière. Pour l’heure, reste le souvenir d’un économiste, d’un haut fonctionnaire et d’un ministre qui aura consacré plusieurs décennies à l’État. À 91 ans, Abdoulaye Koné s’en est allé, laissant derrière lui une œuvre administrative, une expérience accumulée au fil des responsabilités et une mémoire que la Côte d’Ivoire devra désormais transmettre aux générations qui n’ont pas connu cet homme de l’ombre, longtemps présent dans les rouages de la République.