Une pétition citoyenne sans précédent contre CNews bat des records. En quelques semaines, elle dépasse les 300 000 signatures, toutes déposées sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale. Son objectif : obtenir le retrait immédiat de la chaîne d’information en continu de la TNT, au nom de manquements répétés aux règles du pluralisme et de l’honnêteté de l’information.
Une mobilisation record et des sanctions répétées
Initiée en juin 2024 et enregistrée sous le numéro 5851, cette pétition dénonce ce qu’elle qualifie de « dérive propagandiste » de CNews. Son argumentaire s’appuie sur un bilan accablant dressé par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel français. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 27 rappels à l’ordre et mises en garde depuis 2019 ;
- 630 000 euros d’amendes cumulées pour des manquements graves à la déontologie journalistique.
Ces sanctions font de CNews la chaîne la plus sanctionnée de France pour des infractions liées à des propos discriminatoires, à l’incitation à la haine ou à des atteintes flagrantes au pluralisme politique.
La fréquence TNT, un enjeu de régulation majeur
Les signataires de la pétition rappellent une évidence : une fréquence TNT n’est pas un droit acquis, mais une ressource publique rare, confiée sous conditions strictes. Cette vision s’inscrit dans la droite ligne des décisions récentes de l’Arcom, qui a déjà retiré la fréquence de C8, la chaîne sœur de CNews, marquant un tournant dans la régulation des médias en France.
Le débat sur la liberté d’information et ses limites
La pétition soulève une question de fond : jusqu’où peut-on pousser la liberté d’expression sans enfreindre les règles qui encadrent l’utilisation d’un bien public ? Pour ses détracteurs, CNews incarne une dérive où l’information est parfois instrumentalisée, au détriment du respect des principes démocratiques.
Vers une intervention officielle de l’Assemblée nationale ?
Bien qu’elle n’ait pas de pouvoir contraignant direct, cette pétition gagne en influence auprès des institutions. Si elle atteint 500 000 signatures réparties dans au moins 30 départements ou collectivités, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale pourra organiser un débat public en séance plénière. Une occasion unique pour relancer le débat sur les limites de la liberté d’information et le respect du pluralisme dans les médias audiovisuels français.
